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Radiographie dentaire. Mise au point de l’ODQ

Mise au point sur la publication récente d’un article concernant les radiographies dentaires

 

Montréal, le 11 avril 2012

 

L’Ordre des dentistes du Québec tient à faire une mise au point à la suite de la publication dans la revue Cancer d’un article intitulé « Dental X-Rays and Risk of Meningioma », dont les conclusions ont été reprises récemment par plusieurs médias du Québec.

Rappelons que cet article signé par des épidémiologistes de l’université Yale conclut que les radiographies dentaires augmenteraient le risque de survenue d’un méningiome, une tumeur cérébrale bénigne. Or, l’Ordre des dentistes remet en question la validité de certains paramètres de l’étude ayant conduit à la rédaction de cet article.

À titre d’exemple, les chercheurs soutiennent que les radiographies dentaires représentent la principale source artificielle d’exposition aux rayonnements ionisants aux États-Unis, une forme de radiation associée à une hausse du risque de certaines tumeurs cérébrales.

En réalité, les rayonnements ionisants liés aux radiographies dentaires ne représentent pas plus de 3 % à 5 % des rayonnements non naturels auxquels la population est exposée, l’autre 95 % provenant des examens radiologiques médicaux.

L’Ordre tient à rappeler que la fréquence à laquelle un individu a besoin de radiographies dentaires dépend de son état de santé buccodentaire et que la décision de prendre ou non une radiographie repose essentiellement sur le jugement clinique du dentiste, à la suite de l’examen du patient. Elle ne saurait en aucun cas être déterminée à l’avance.

Rappelons que le dentiste est le seul professionnel de la santé buccodentaire formé pour poser un diagnostic et établir un plan de traitement. N’hésitez pas à le consulter pour toute question concernant la santé de votre bouche.

 

Complément d’information rédigé par

Denis Forest, DDS, MSD

Spécialiste en radiologie buccale et maxillo-faciale

Spécialiste en médecine buccale

Les résultats de l’étude sur laquelle se fonde l’article « Dental X-Rays and Risk of Meningioma » ne prouvent pas qu’il y a une relation de cause à effet entre les radiations ionisantes d’origine dentaire et l’apparition d’un méningiome. L’étude démontre tout au plus une corrélation positive.

 

De plus, le nombre de radiographies dentaires subies par les participants de l’étude, qui étaient âgés de 20 à 79 ans, n’a pu être validé, puisque les chercheurs se sont fiés uniquement à la mémoire des sujets. Or, l’expérience en cabinet démontre que les patients ont une très mauvaise mémoire quand vient le temps d’estimer le nombre d’examens radiographiques subis par le passé et qu’ils ont de la difficulté à faire une distinction entre les différents types de radiographie dentaire.

 

On peut également remettre en question la méthodologie de cette étude qui indique une corrélation positive entre les radiographies rétrocoronaires (bite-wing), le cliché panoramique et le méningiome, mais aucune corrélation significative entre ce dernier et l’examen radiologique de la bouche complète, qui exige pourtant de 15 à 20 clichés, produisant ainsi une dose de radiation au moins 10 fois plus élevée qu’une radiographie rétrocoronaire.

 

Soulignons à ce sujet que la cuve qui contient le tube qui produit les rayons X en radiologie dentaire est entièrement blindée et qu’elle doit être vérifiée sur une base régulière par un physicien, qui s’assure notamment qu’aucune fuite ne provient de la tête de l’appareil.

 

Quant aux prémisses de l’étude selon lesquelles les examens radiologiques dentaires constituent la plus importante source de radiations d’origine artificielle chez l’humain, elles sont erronées, comme le démontrent les données qui suivent.

 

Rappelons que l’humanité a toujours vécu dans un monde baigné par les radiations ionisantes. Les humains sont soumis à deux grandes sources d’irradiation : l’irradiation naturelle et l’irradiation artificielle. Au total, ces deux formes d’irradiation avoisinent environ 360 millirems (mRem) par année pour les non-fumeurs et 640 mRem pour les fumeurs.

 

1. Irradiation naturelle

L’irradiation naturelle annuelle prend son origine de quatre sources principales :

• Irradiation cosmique provenant de l’espace, qui équivaut à 26 mRem
• Irradiation terrestre venant des éléments radioactifs de la Terre, qui représente 29 mRem
• Irradiation venant du radon, du radium et de l’uranium, qui totalise 200 mRem
• Irradiation interne d’origine alimentaire, qui compte pour 40 mRem

Figure 1 : Irradiation naturelle

 

Au total, la dose d’irradiation naturelle se situe autour de 285 mRem par année (ou 3 uSv par jour), soit 81 % de l’irradiation totale reçue par la population sur une base annuelle.

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2. Irradiation artificielle

 

L’irradiation artificielle annuelle prend son origine de plusieurs sources :

• Irradiation médicale dans le cadre des examens radiodiagnostics médicaux et dentaires (38 mRem)
• Irradiation provenant des examens en médecine nucléaire (14 mRem)
• Irradiation provenant des produits de consommation – télés, fours à micro-ondes, cadrans phosphorescents, détecteurs de fumée (11 mRem)
• Autres sources, comme l’industrie nucléaire (2 mRem)

Figure 2 : Irradiation artificielle

 

Au total, la dose d’irradiation artificielle se situe autour de 65 mRem par année, représentant 19 % de l’irradiation totale reçue par la population.

 

Figure 3 : Source totale d’irradiation

 

Un individu absorbe chaque année une dose d’environ 360 mRem de source à la fois naturelle et artificielle, auxquels il faut ajouter 280 mRem s’il s’agit d’un fumeur. Il faut comprendre que l’irradiation naturelle à laquelle personne ne peut se soustraire est environ quatre fois plus importante que l’irradiation artificielle.

Les rayonnements d’origine dentaire représentent pour leur part environ 3 % des radiations artificielles : ils ne sont donc pas la plus importante source de radiations d’origine artificielle, contrairement à ce qu’affirment les auteurs de l’étude.

 

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Une règle simple pour se rappeler les doses d’irradiation associées aux radiographies dentaires, c’est « 10-10-100 » :

• cliché panoramique : 10 uSv
• cliché céphalométrique : 3 à 20 uSv
• 2 clichés rétrocoronaires : 10 uSv
• 20 clichés rétroalvéolaires : 100 uSv

De telles doses sont considérées comme très faibles.

 

Évoquons à ce sujet la position de l’International Commission on Radiological Protection (ICRP), dans la publication 105 de Annals of the ICRP, vol. 37, no 6, et intitulée Radiological Protection in Medicine , ainsi que l’avis de l’American Association of Physicists in Medicine, qui soutiennent, au sujet des faibles doses, qu’il n’est pas recommandé de prédire une augmentation du risque de cancer sur de seules bases épidémiologiques pour des personnes qui reçoivent des doses inférieures à 50 mSv au cours d’un simple examen et de 100 mSv pour des procédures multiples.
En matière de radiologie dentaire, le dentiste doit toujours s’appuyer sur le principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable) et se rappeler que chaque examen radiologique doit être basé sur le jugement clinique et être précédé d’un examen diagnostique et d’un entretien avec le patient.

Dr Denis Forest

 

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Communiqué de presse de l’Association Américaine des Orthodontistes (AAO)

 

Questions des parents/ Réponses de l’orthodontiste

 

Pourquoi mon enfant a-t-il besoin de cette radiographie?

La radiographie permet d’obtenir des informations au sujet de la condition de votre enfant que je ne peux pas voir en regardant votre enfant pendant une évaluation clinique.

La radiographie montrera la position et le développement des dents qui ont fait ou non éruption en bouche et la relation des dents par rapport à l’os et au tissu gingival.

Des radiographies spéciales nous permettent également de voir la relation des mâchoires une par rapport à l’autre et planifier un traitement adéquat.

Les informations servent de guide pour poser un diagnostic et planifier le traitement afin que je puisse aider votre enfant à atteindre les meilleurs résultats possible.

Pouvez-vous poser un diagnostic et planifier un traitement efficacement sans cette radiographie? Mon enfant n’a seulement que quelques dents croches.

Le mouvement des dents est une science en soi. Les informations obtenues par des radiographies aident à savoir comment faire bouger les dents en sachant où elles sont présentement situées et où elles devraient être à la fin du traitement.

La position précise des dents ne peut être déterminée que par des images radiographiques. Ceci facilite le diagnostic et la planification du traitement afin d’arriver aux meilleurs résultats possible pour votre enfant.

Quel type de radiographie pourra vous fournir les informations dont vous avez besoin en utilisant la plus petite dose d’exposition aux rayonnements pour mon enfant (radiographies de routine, panogramme ou TVFC)?

Une tomographie volumique à faisceau conique (TVFC), ou cone beam computed tomography (CBCT) en anglais, fournit beaucoup plus d’informations afin de poser un diagnostic que la simple utilisation de radiographies rétrocoronaires (interproximales) ou rétroalvéolaires (périapicales) de routine, une radiographie panoramique ou une radiographie céphalométrique.

Par contre, ce ne sont pas tous les patients qui doivent passer une TVFC. Ce ne sont pas toutes les cliniques d’orthodontie qui ont des appareils TVFC tridimensionnels. La majorité des diagnostics sont faits à l’aide des céphalogrammes et des panogrammes. Une TVFC 3D peut être convertie en image 2D.

Le type de radiographie requise est déterminé selon les besoins individuels de chaque enfant. D’après la science d’aujourd’hui et notre expérience clinique, nous nous efforçons de faire correspondre nos outils d’imagerie diagnostique avec les besoins de votre enfant. Notre but est de maximiser les bénéfices et de réduire au minimum les risques pour nos patients.

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Radiographie rétrocoronaire

Radiographie rétrocoronaire

L’Association Américaine des Orthodontistes recommande la prise de radiographies rétrocoronaires (bite-wings) des dents postérieures gauches et droites et la prise de radiographies rétroalvéolaires (périapicales) pour le dépistage des maladies parodontales chez l’adulte devant recevoir un traitement orthodontique majeur.

Une radiographie rétrocoronaire permet de voir les couronnes des dents supérieures et inférieures et offre une vue directe du niveau osseux interproximal.

Sur la radiographie de gauche, les flèches 1, 2, 3 indiquent le niveau osseux. Les flèches 1 et 2 pointent vers des sites où il y a une perte osseuse entre la 2e prémolaire et la 1re molaire et entre les 1re et 2e molaires (dents 26-27). La flèche 3 indique un niveau osseux normal. Les flèches 4 et 5 indiquent la présence des 3es molaires non éruptées.

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Radiographie rétroalvéolaire

1-Radiographie rétroalvéolaire antérieure supérieure droite

 

2-Radiographie rétroalvéolaire postérieure supérieure gauche

3-Radiographie rétroalvéolaire postérieure inférieure droite

Une radiographie rétroalvéolaire présente l’image des dents sur toute leur longueur incluant l’extrémité des racines. Sur la radiographie #1 où on observe de gauche à droite une canine, une incisive latérale et une incisive centrale, la flèche 1 indique où devrait être l’os interproximal et la flèche 2 indique où il se situe réellement. La différence de niveau entre ces 2 flèches indique la perte osseuse. Ce patient présente une parodontite chronique modérée des sites 11-12 (radiographie #1), 26-27 (radiographie #2 et radiographie rétrocoronaire ci-haut) et 16-17 (non illustré).

La radiographie #3 représente les dents postérieures inférieures droites du même patient. Les flèches 1 et 2 démontrent un niveau osseux acceptable. Le chiffre 3 dans la partie radiopaque (blanche) sur la dent représente un matériau obturateur en composite (plombage blanc).

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Radiographie panoramique

Panogramme

Radiographie panoramique ou panogramme

Une radiographie panoramique ou panogramme représente une vue entière de la denture maxillaire et mandibulaire et les articulations temporomandibulaires, les sinus maxillaires, le septum nasal et les cornets inférieurs du nez.

Sur cette radiographie, la canine supérieure droite (flèche 1) manque d’espace pour faire éruption entre la prémolaire (flèche 2) et l’incisive latérale voisine. La séquence d’éruption n’est pas symétrique, car les canines primaires et les 1res molaires primaires droites sont exfoliées alors que ce n’est pas le cas à gauche (les dents marquées d’un “X”). Afin d’équilibrer la situation, nous avons prescrit l’extraction des dents primaires marquées d’un “X” et le patient sera réévalué dans un an.

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Radiographie céphalométrique

Classe I, protrusion dentoalvéolaire bimaxillaire.

Cliché céphalométrique. Classe I, protrusion dentoalvéolaire bimaxillaire.

Une radiographie céphalométrique ou céphalogramme représente une vue latérale du visage. Elle permet de visualiser la relation des mâchoires avec la base du crâne et la relation de la mâchoire inférieure par rapport à la mâchoire supérieure. Elle permet aussi d’évaluer la position des dents par rapport à leur mâchoire respective et la relation entre les dents supérieures et inférieures. La position des lèvres est évaluée par la tangente entre le nez et le menton (ligne bleue). Sur ce céphalogramme, il y a de nombreux chiffres que l’orthodontiste utilise pour quantifier la relation des dents et planifier leur direction de mouvement tout comme il quantifie et planifie la position des mâchoires.

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Tomographie volumique à faisceau conique (TVFC)

Une tomographie volumique permet une vue tridimensionnelle. Une TVFC contient une multitude d’informations et permet des examens spécifiques très précis du crâne ou d’endroits plus spécifiques, tels que les articulations temporomandibulaires.

TVFC des ATMs gauche et droite. L’ATM gauche démontre de l’arthrose ou résorption condylienne idiopathique.

La TVFC ci-contre a été prescrite pour évaluer la gravité de l’atteinte d’arthrose sur l’articulation temporomandibulaire gauche. Le côté droit présente un condyle et un col du condyle normaux. Le côté gauche démontre un condyle résorbé par l’arthrose. Le col du condyle est raccourci parce que la partie supérieure a “fondu” à cause de l’arthrose. Cette patiente a une résorption condylienne idiopathique grave.

TVFC vue latérale droite. (Courtoisie de Marie-Hélène Cyr)

Je recommande la visite du site mhcyr.com. Il s’agit d’une jeune dame passionnée qui raconte son expérience orthodontie-chirurgie avec une multitude de détails. Vous y trouverez son histoire complète. Je vous promets des heures de lecture intéressantes.

Elle a même exposé des images obtenues par TVFC de son crâne.

C’est probablement le meilleur site et blogue créé par une personne qui n’est pas orthodontiste et qui désire diffuser de l’information de qualité.

 

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Utilisez-vous les émulsions « E » ou « F »  qui sont plus rapides pour les radiographies? L’article du New York Times indique que l’émulsion « D » est trop lente et ceci fait en sorte que mon enfant reçoive trop de rayonnement.

Nous utilisons uniquement les images numériques ce qui aide à diminuer les doses de rayonnement.

Je ne veux pas que mon enfant ait de radiographie du tout. Pourrais-je simplement signer une exemption quelconque?

Non. Les radiographies sont nécessaires afin de poser un diagnostic pour le problème orthodontique de votre enfant et planifier le bon traitement pour corriger le problème.

Comment puis-je connaître la dose de rayonnement que mon enfant recevra en passant cette radiographie?

La dose standard de mon appareil à rayons X/panogramme/TVFC est contrôlée par ordinateur. Mon personnel ou moi-même calibrons l’appareil à chaque patient selon sa taille (grandeur et poids) et son âge. L’ICRP (International Commission on Radiological Protection), une organisation qui détermine les normes à utiliser pour protéger le public, recommande de limiter l’exposition non professionnelle aux rayonnements ionisants à 1,000 pSv par année. La quantité reçue par votre enfant demeure une fraction de cette dose.

Mettrez-vous un tablier plombé, un protecteur thyroïdien ou un autre dispositif pour protéger mon enfant contre une exposition inutile?

Le tablier plombé est mis à tous les patients sans exception.

Quel type de formation votre personnel ou vous-même possédez pour faire une radiographie?

La formation varie avec le type d’appareil. Les compagnies qui produisent des appareils à rayons X fournissent une formation sur place lors de l’installation de l’appareil et mettent à jour la formation telle que requise par la nouvelle technologie appliquée à mon appareil. De plus, de la formation est disponible sur place au besoin pour un nouvel appareil.

Y a-t-il un inspecteur provincial ou fédéral qui s’assure que l’appareil à rayons X n’émet pas de rayonnements en trop grande quantité?

Il est obligatoire que l’appareil et la salle où est installé l’appareil soient vérifiés par un physicien. Une évaluation est nécessaire à tous les 3 ans et nous devons faire parvenir ce rapport d’évaluation au Laboratoire de santé publique du Québec pour le renouvellement du permis d’opération d’un appareil de radiographie diagnostique. Nous utilisons les services de la compagnie Radioprotection Inc. accréditée par ce même laboratoire.

Des recherches démontrent-elles quelle est la dose de rayonnement requise pour causer le cancer?

Il n’existe pas de rapport de maladies causées par les radiographies dentaires.

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Questions et commentaires

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  1. floriane says:

    Je serai amené à faire une radiation ionisante car j’ai un problème parodontale, et je souhaite savoir qu’elle est la dose de ces radiations en principe. et quelle est son effet à long ou à court terme sur ma santé, surtout que dans ma famille il y a plusieurs personne qui ont un cancer

    Merci de votre réponse

    1. Je crois que soigner votre problème parodontal doit prévaloir sur votre inquiétude de recevoir des “radiations ionisantes”. La maladie parodontale conduit à la perte des dents et si vous perdez des dents, vous aurez plus de difficultés à manger de bons légumes et de bons fruits qui contiennent des antioxydants qui eux sont efficaces pour lutter contre le cancer.
      Recevoir des radiographies dentaires dans un cabinet dentaire, ce n’est pas comme aller à Tchernobyl et je ne crois pas que quelques radiographies puissent provoquer un cancer subitement.
      En tout cas, je n’ai vu aucune publication reliant tel ou tel cancer à la prise de radiographie dentaire. Les cancers buccaux sont plutôt dû au tabagisme, à la consommation d’alcool, au papilloma virus, au virus d’Epstein bar, à l’exposition au soleil (le carcinome basocellulaire) et j’en passe.

  2. Gilles says:

    Si la radiographie dentaire ne présente pas de dangers, pourquoi le dentiste va-t-il se cacher durant les clichés…?

    Merci de votre attention.

    1. Est-ce que les radiographies dentaires sont sans danger?

      La réponse courte est “oui”, mais pas totalement. Toute exposition à la radiation ionisante (rayon x) comporte certains risques. La profession médicale et dentaire doit soupeser le bénéfice d’une procédure radiographique par rapport à la dose exposée au patient.

      De plus, si vous lisez bien, la mise au point de l’ODQ et le complément d’information du Dr Forest ne disent pas que les radiographies sont sans danger.

      Aussi faible que soit le risque d’exposition au doses de radiographie dentaire, pour un examen radiographique bouche complète d’un patient (18 à 20 rx)la chance d’induire un cancer est de 1 sur 1 million. Par contre, recevoir des radiographies dentaires n’est pas la seule situation “risquée” à laquelle un individu est exposé durant sa vie.

      Activités présentant un risque équivalent à 1/1 000 000

      Vivre à Denver  durant 2 mois (radiation cosmique)

      Vivre à New York durant 2 jours (pollution de l’air)

      Faire du canoë durant 6 minutes (accident)

      Faire 15 km de bicyclette (accident)

      Conduire une auto sur une route pour un trajet de 60 km (accident)

      Boire 1/2 bouteille de vin (cirrhose)

      Fumer 1,4 cigarette (problème cardiovasculaire et risque de cancer)

      Boire 30 canettes de boisson gazeuse

      One-in-a-Million-Risk-sheet-2012b-Chamberland-Orthodontiste-a-Quebec

      Dose d’irradiation associée aux radiographies dentaires

      Comme mentionné ci-haut, les doses sont considérées comme faible. uSv signifie micro Sivert ce qui est mille (1000) fois plus petit que mSv qui signifie milli Sivert

      • cliché panoramique : 10 uSv
      • cliché céphalométrique : 3 à 20 uSv
      • 2 clichés rétrocoronaires : 10 uSv
      • 20 clichés rétroalvéolaires : 100 uSv

      A titre comparatif, une radiographie du thorax représente 0,1 mSv (100 uSv). Une mammographie 0,4 mSv (400uSv), ce qui  est équivalent à 7 semaines de radiation terrestre estimée à 3,0 mSv/an (3000uSv). Donc la profession dentaire fait plutôt bien.

      dose-annuelle-estime-de-radiation-Chamberland-Orthodontiste-a-Quebec

      Règle ALARA

      As Low As Reasonably Achievable

      Nonobstant le faible risque que représentent les radiographies dentaires, nous nous devons d’observer un discernement sur la nécessité de prendre des radiographies et poursuivre le but de ne pas exposer un patient à la radiation x inutilement. J’ai trouvé un document intéressant de l’Association Dentaire Américaine concernant les recommandations pour la sélection des patients et la limitation de l’exposition aux radiations lors des examens radiographiques dentaires. Document:Recommandations sur la selection des patients et limitation de l exposition aux radiations lors des examens radiographiquesdentaires

      Pourquoi le dentiste va se cacher lors de la prise de radiographies?

      Qu’est-ce qui différencie un dentiste (ou une hygiéniste dentaire) qui prend des radiographies d’un patient qui se fait prendre des radiographies?

      La réponse est simple. Un dentiste voit plusieurs patients par jour et, dans le cadre de sa pratique dentaire, peut prendre plusieurs radiographies par jour. Le patient n’a généralement qu’un examen radiographie par année, voire 18 mois, lequel examen radiographique peut n’impliquer qu’une, deux, trois, quatre radiographies.

      Nous devons d’ailleurs maintenir un cahier (log book) du nombre de radiographies prises par jour et nous devons soumettre ce cahier au laboratoire de Santé Publique lors du renouvellement de notre permis de radiologie dentaire. Nous devons aussi avoir des dosimètres que nous envoyons périodiquement au service de dosimétrie nationale à Ottawa.

      Donc, la raison pour laquelle il se cache, est pour diminuer son risque d’exposition à lui qui est beaucoup plus élevé que le patient à cause de la fréquence à laquelle il est confronté de prendre des radiographies, laquelle fréquence, vous en conviendrez, est moult fois plus grande que celle du patient.

      Conclusion

      Comparées aux risques quotidiens auxquels nous faisons face, les radiographies dentaires peuvent être considérées comme étant sans danger. Après avoir révisé les antécédents dentaires et l’examen clinique du patient, le dentiste décider quel type de radiographies et combien de radiographies sont nécessaires.

      Il doit aussi considérer que, dans sa vie professionnelle, il aura et devra procéder à plusieurs prises de radiographies sur plusieurs patients différents. Si nous convenons que des règles de base pour minimiser l’exposition chez les patients (règle ALARA), nous devons aussi convenir que cette règle s’applique aux dentistes et hygiénistes dentaires dont le métier les expose de facto à une fréquence plus élevée d’exposition à la radiation ionisante.

      C’est un principe de santé et sécurité au travail pour le professionnel de la santé.

      Je souhaite que ma réponse ait servi à relativiser le risque des radiographies dentaire et l’importance d’en prendre.

      1. John Le Garignon says:

        Merci, commentaire fort intéressant …

  3. Yvon says:

    La radiographie panoramique est obligatoire et le prix est de combien .Merci à l’avance

    1. Aucune radiographie n’est obligatoire. Cela dépend de l’information que votre dentiste ou l’orthodontiste a besoin lors de la consultation. Certes une radiographie panoramique est nécessaire avant d’entreprendre un traitement orthodontique. Souvent, le prix de la radiographie est inclus dans le prix de la consultation orthodontique et il n’y a pas de rabais s’il n’y a pas de radiographie.

  4. Isabelle says:

    Bonjour

    Mon enfant de 7 ans a reçu une radiographie numérique tri-dimensionnelle volumique. Qu’elle est la quantité de radiation de cet nouvel appareil ?

    merci

    1. Je ne connais pas exactement la dose, mais l’orthodontiste ou le dentiste ou le chirurgien ou le radiologiste qui a pris cette imagerie diagnostique devrait être en mesure de vous répondre car les dose vont varier selon le volume d’exposition et selon l’appareil utilisé pour ne nommer que 2 facteurs.

      J’imagine qu’il devait y avoir une raison importante pour justifier la prise d’un TVFC dentaire pour votre enfant. Il y a des normes à ce sujet. Consulter le lien de la FDA

  5. Nirmine says:

    J ai une question par rapport à l irradiation du médecin dentiste,
    J utilise bcp de radio lors de mes traitements canalaires ou parfois pr etablire mon diagnostic à propos d un cas. Y a t il un effets nefastes de cette irradiation sur ma santé ? sachant que j ai une radio classique, et ma précaution c est de me mettre d un 1m5 ou 2m en arrière du tube .merci

    1. Il ne faut pas prendre la radiation ionisante à la légère et il ne faut pas s’exposer inutilement. Au canada et au Québec, nous avons des règles très strictes quand à l’utilisation des rayons X en cabinet dentaire.

      Règle de base minimale, vous ne devez pas être dans la même pièce lorsque vous activer le bouton de l’appareil radiographique.

      Le tablier de plomb est obligatoire. L’appareil à radiographie et la pièce dans lequel il est utilisé doit respecter des normes élevées de radioprotection. Nous devons détenir un permis pour opérer un appareil à radiographie et il faut fournir un rapport d’inspection. Un physicien vérifie le blindage nécessaire dans les murs et la dose émise par le tube à rayon x. Cette inspection est obligatoire à tous les 3 ans.

      En conclusion, 1,5 à 2 m n’est probablement pas suffisamment loin pour vous protéger de la radiation secondaire et vous devez tenir compte des effets cumulatifs sur vous de la radiation ionisante, pas seulement sur le patient.

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