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Masque facial de protraction

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Défi­ni­tion

Pour­quoi trai­ter en bas âge?

Quand ne pas traiter?

Mais à quel âge, donc?

Sta­bi­lité de la protraction

Expan­sion ou pas d'expansion

Cas cli­niques

Biblio­gra­phie

 

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Défi­ni­tion

Masque facial de pro­trac­tion, masque facial, masque de pro­trac­tion, masque ortho­pé­dique facial, masque de Delaire sont autant de noms qui dési­gnent le même appareil.

Masque facial de Delaire

Le masque de pro­trac­tion est un appa­reil cou­ram­ment uti­lisé dans le trai­te­ment inter­cep­tif des mal­oc­clu­sions de classe III où le maxil­laire (mâchoire supé­rieure) est défi­cient anté­ro­pos­té­rieu­re­ment (sens avant-arrière). Il est conçu pour exer­cer une trac­tion vers l'avant et vers le bas sur la mâchoire supérieure.

Une tige métal­lique cen­trale sert d'armature pour main­te­nir un appui fronto-mentonnier. Les appuis, fron­tal et men­ton­nier, sont ajus­tés indi­vi­duel­le­ment pour cor­res­pondre à la bonne hau­teur sur le visage du patient.

Une force extra­o­rale appli­quée par l'entremise de deux (2) élas­tiques de 8 oz s'accrochant sur des cro­chets ajou­tés sur un appa­reil fixe intra­buc­cal (le plus sou­vent un appa­reil d'expansion pala­tine) vers une barre ajus­table fixée à l'armature centrale.

Masque facial en vue frontale

La direc­tion de la force est vers l'avant et vers le bas (postéro-antérieure et inférieure).

Le masque est porté le soir et la nuit pour une durée de 8 à 12 heures. Le port de jour n'est pas recom­mandé ni néces­saire. Avec une bonne assi­duité le soir et la nuit vous ver­rez des résultats.

Les forces déve­lop­pées par les élas­tiques sont des forces lourdes. Il est néces­saire de lais­ser la peau du front et du men­ton se repo­ser et res­pi­rer durant le jour. D'ailleurs, nous recom­man­dons de décou­per et d'ajuster des protèges-dessous fémi­nins et de les appli­quer sur la sur­face interne des appuis.

 

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Évolu­tion après 9 semaines de traitement

Sur ces vues intrao­rales, remar­quez l'arti­culé croisé anté­rieur impli­quant 3 inci­sives, la canine pri­maire supé­rieure droite et la 1re molaire pri­maire supé­rieure droite. Après 9 semaines de trai­te­ment seule­ment, seule l'incisive laté­rale pré­sente un arti­culé croisé. Obser­vez la posi­tion des cro­chets intra­buc­caux vis-à-vis des canines pri­maires de chaque côté. C'est sur ces cro­chets que sont accro­chés les élastiques.

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Pour­quoi faut-il trai­ter en bas âge les mal­oc­clu­sions de classe III?

Facette d'usure et risque de réces­sion gingivale

1— Pour pré­ve­nir des chan­ge­ments irré­ver­sibles au niveau des tis­sus durs (os, émail) et des tis­sus mous (gen­cive, ligament).

Un arti­culé croisé anté­rieur peut cau­ser de l'usure de l'émail au bout des inci­sives supé­rieures ou infé­rieures impli­quées. Le dépla­ce­ment vers l'avant de l'incisive infé­rieure pour accom­mo­der la dent supé­rieure en inver­sion cause un amin­cis­se­ment de la gen­cive ou une réces­sion gin­gi­vale. L'amincissement de la gen­cive au buc­cal des inci­sives cen­trales infé­rieures est très évident sur la photo de ci-contre.

2— Pour cor­ri­ger le dés­équi­libre sque­let­tique entre la mâchoire supé­rieure et infé­rieure et ainsi favo­ri­ser une crois­sance favorable.

Cela mini­mise aussi les com­pen­sa­tions den­taires qui résul­te­raient de la per­sis­tance de la mau­vaise rela­tion ini­tiale. Le trai­te­ment pré­coce per­met de plus grands chan­ge­ments ortho­pé­diques sur une plus courte période de temps.

Glis­se­ment fonc­tion­nel anté­rieur (vers l'avant)

3— Pour amé­lio­rer la fonc­tion occlu­sale.

Il y a géné­ra­le­ment un glis­se­ment fonc­tion­nel vers l'avant de la mâchoire infé­rieure à par­tir du pre­mier contact entre les dents qui sont en arti­culé inversé jusqu'à ce que les dents se ferment com­plè­te­ment ensemble. Ce glis­se­ment vers l'avant favo­rise l'allongement de la mâchoire infé­rieure qui a déjà une ten­dance à être trop longue. Le masque facial tire sur le maxil­laire supé­rieur vers l'avant, cor­rige le glis­se­ment et, en élimi­nant le dés­équi­libre sque­let­tique, favo­rise un patron de crois­sance normale.

4— Pour sim­pli­fier le trai­te­ment majeur en phase 2 à l'adolescence.

Les trai­te­ments pré­coces de ce type de mal­oc­clu­sion peuvent élimi­ner la néces­sité de chi­rur­gie ortho­gna­thique plus tard. Même si une chi­rur­gie devait être néces­saire, un trai­te­ment hâtif peut dimi­nuer l'amplitude de la future chirurgie.

5— Pour pro­cu­rer une meilleure esthé­tique faciale et ainsi amé­lio­rer ou faci­li­ter le déve­lop­pe­ment psy­cho­so­cial de l'enfant.

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Quand faut-il ne pas trai­ter hâtivement?

Contre-indication au trai­te­ment précoce :

• Les dis­har­mo­nies sque­let­tiques graves.

• Une dévia­tion de la man­di­bule cau­sée par une asy­mé­trie de la crois­sance entre le condyle gauche et droit.

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Trai­te­ment pré­coce, mais à quel âge faut-il débuter?

Pour répondre à cette ques­tion, les cher­cheurs ont dû grou­per les sujets par tranche d'âge. Je vous ferai grâce des nom­breuses études qui existent sur le sujet. Les lea­ders incon­tes­tés des thé­ra­pies avec masque facial sont Dr Jean Delaire et Dr Pierre Ver­don en France, le Dr Peter Ngan de West Vir­gi­nia Uni­ver­sity et le Dr Patrick Tur­ley de UCLA en Californie.

Trois groupes d'âge ont été identifiés;

• 4 à 7 ans

• 7 à 10 ans

• 10 à 14 ans

Les trois groupes ont eu des chan­ge­ments sque­let­tiques significatifs.

Le groupe 4 à 7 ans démontre plus du double d'avancement du maxil­laire par rap­port aux deux autres groupes plus âgés. Les chan­ge­ments sque­let­tiques sont obte­nus plus rapi­de­ment et avec moins d'heures de port du masque facial par jour que les groupes plus âgés.

Le groupe 7 à 10 ans démontre plus de chan­ge­ment que le groupe 10–14.

Le groupe 10 à 14 ans démontre qu'il est pos­sible d'avoir des chan­ge­ments sque­let­tiques à cet âge, mais ils sont moindres que les groupes trai­tés plus jeunes.

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Sta­bi­lité des trai­te­ments avec masque facial

Les sujets ayant eu un trai­te­ment pré­coce avec un masque facial démontrent que la mâchoire supé­rieure est en moyenne plus avan­cée de 2 mm lorsque com­paré à un groupe contrôle n'ayant pas reçu de trai­te­ment pré­coce. De plus, le groupe contrôle de sujets classe III non trai­tés démontre une aggra­va­tion de 1 mm par année de la rela­tion classe III maxil­lo­man­di­bu­laire. Le masque facial ne nor­ma­lise pas le patron de crois­sance. Il est recom­mandé de sur­cor­ri­ger pour éviter qu'un rat­tra­page de la crois­sance classe III ne fasse perdre les acquis.

Est-ce que ça vaut la peine de trai­ter ortho­pé­di­que­ment chaque patient ayant une mal­oc­clu­sion de classe III?

La réponse est oui. Une thé­ra­pie avec un masque facial cor­rige les mal­oc­clu­sion de classe III chez 75% à 85% des patients de classe III. Les 15% à 25% res­tants, ceux dont la mal­oc­clu­sion réci­dive et qui auront besoin d'une chi­rur­gie ortho­gna­thique, auront une cor­rec­tion chi­rur­gi­cale plus stable car l'amplitude de la cor­rec­tion sera moindre que les patients qui n'ont pas eu de trai­te­ment avec un masque orthopédique.

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Béné­fice de l'expansion pala­tine en même temps avec le masque facial

Les cro­chets d'ancrage sur les­quels s'attachent les élas­tiques sont géné­ra­le­ment fixés sur un appa­reil d'expansion de type Hyrax ou Haas. Il n'est pas démon­tré que l'expansion pala­tine en tant que telle faci­lite la pro­trac­tion du maxil­laire. Ainsi, l'expansion du maxil­laire n'est indi­quée que s'il y a un pro­blème de lar­geur du maxil­laire en plus du pro­blème de longueur.

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Cas cli­nique

Classe III, den­ture mixte jeune.

Voici les vues intrao­rales d'une jeune fille de 7 ans. Les flèches bleues indiquent un déca­lage vers l'avant de la mâchoire infé­rieure. La rela­tion des dents anté­rieures pré­sente une occlu­sion inver­sée. Le milieu d'arcade infé­rieure est décalé vers la droite (du patient) et peut être expli­qué par le fait que le déca­lage classe III (écart entre les flèches bleues) est plus grand à gauche qu'à droite.

Classe III, vue de profil

Classe III, vue cépha­lo­mé­trique laté­rale initiale

L'analyse du pro­fil démontre une lèvre supé­rieure en retrait de la lèvre infé­rieure, c'est-à-dire que la lèvre infé­rieure appa­raît plus avan­cée. La radio­gra­phie cépha­lo­mé­trique confirme le déca­lage sque­let­tique classe III où le maxil­laire supé­rieur est en retrait (plus reculé) par rap­port à la man­di­bule. L'articulé inversé des dents supé­rieures avec les dents infé­rieures est évident.

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Trai­te­ment

Cas #1

Hyrax pour masque facial

Un appa­reil d'expansion de type Hyrax a été collé sur les dents. La vis d'expansion n'a pas été acti­vée. Il n'y avait pas de pro­blème de lar­geur à cor­ri­ger. Deux cro­chets sou­dés à l'armature du Hyrax sont pla­cés juste vis-à-vis des canines.

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Masque de Delaire, vue de face et de profil.

Le masque facial a été porté le soir et la nuit durant les heures de som­meil. Les élas­tiques assurent une trac­tion vers l'avant et vers le bas du maxil­laire sur lequel est ancré l'appareil Hyrax.

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Évolu­tion à 32 semaines de traitement

Les pho­tos intrao­rales ci-dessus démontrent l'évolu­tion après 32 semaines de trai­te­ment avec un masque facial de Delaire. Les cro­chets d'ancrages pour les élas­tiques sont situés vis-à-vis des canines. L'alignement des flèches bleues démontre que le déca­lage classe III a été cor­rigé si vous com­pa­rez avec les vues intrao­rales ini­tiales. Le milieu d'arcade infé­rieure est mieux aligné.

Suivi post traitement

Suivi 6 semaines post traitement

Les pho­tos ci-haut démontrent le résul­tat 6 semaines après la dépose des appa­reils fixes. Le trai­te­ment avec le masque facial n'aura duré que 39 semaines. Remar­quez la par­faite coïn­ci­dence des milieux d'arcade et la rela­tion classe I des canines. Il n'y a plus de glis­se­ment fonc­tion­nel vers l'avant. La crois­sance des mâchoires se pro­duira dans des condi­tions optimales.

Pro­fil post traitement

Vue cépha­lo­mé­trique post traitement

La vues de pro­fil lors du rendez-vous de contrôle 6 semaines après la dépose des appa­reils démontrent l'amélioration de la rela­tion de la lèvre supé­rieure par rap­port à la lèvre inférieure.

La radio­gra­phie cépha­lo­mé­trique prise lors de la dépose des appa­reils démontre la cor­rec­tion sque­let­tique obte­nue. La petite flèche blanche indique la lèvre supé­rieure qui est plus avan­cée que sur la radio­gra­phie ini­tiale de cette jeune patiente.

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Cas #2

Classe III, den­ture pri­maire. Août 2001.

Voici la den­ti­tion d'une jeune fille de 6 ans 5 mois pré­sen­tant une mal­oc­clu­sion de classe III. Les dents supé­rieures sont der­rière les dents infé­rieures (flèches vertes). Le palais est trop étroit et occa­sionne un arti­culé croisé ou "cross­bite" pos­té­rieur droit  (flèches bleues). Le milieu d'arcade infé­rieur est dévié vers la droite de la patiente, du même côté que l'articulé croisé.

Classe III, vue de profil.

Le pro­fil démontre que la lèvre supé­rieure est en retrait de la lèvre infé­rieure et la radio­gra­phie cépha­lo­mé­trique confirme le déca­lage vers l'arrière de la den­ti­tion supé­rieure (flèche blanche).

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Évolu­tion après 32 semaines de cor­rec­tion ortho­pé­dique avec un masque de Delaire. Avril 2002.

Cette série de pho­tos démontre l'évolution après 32 semaines de trai­te­ment ortho­pé­dique avec un masque facial. Remar­quez l'amélioration de l'alignement des milieux d'arcades (flèches rouges) et la pré­sence d'un sur­plomb posi­tif (flèche verte).

Évolu­tion du pro­fil après trai­te­ment ortho­pé­dique avec un masque facial

Le pro­fil démontre un chan­ge­ment dras­tique. Le cli­ché cépha­lo­mé­trique confirme la cor­rec­tion sque­let­tique et le sur­plomb dentaire.

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Évolu­tion en août 2003, 15 mois après l'arrêt du masque facial

En août 2003, soit 15 mois après l'arrêt du masque facial, les inci­sives laté­rales supé­rieures font érup­tion et un manque d'espace est noté. Une nou­velle phase d'expansion pala­tine a été faite d’août 2003 à mars 2004. La patiente a été revue en juin 2007. Des irré­gu­la­ri­tés avaient été notées. La canine supé­rieure droite fai­sait érup­tion en arti­culé inversé.

Évolu­tion en février 2008

La patiente et ses parents ont décidé d'entreprendre la der­nière phase de trai­te­ment avec des appa­reils fixes aux 2 arcades en février 2008. Notez l'articulé croisé de la canine supé­rieure droite (flèche bleue).

Occlu­sion finale après un trai­te­ment avec des appa­reils fixes

Le trai­te­ment avec des appa­reils fixes (bra­ckets SPEED) a duré 82 semaines, soit de mars 2008 à octobre 2009. Le milieu d'arcade infé­rieure coïn­cide avec le milieu supérieur.

Évolu­tion 88 semaines après la dépose des appa­reils fixes

Les pho­tos ci-haut repré­sentent l'occlusion, 88 semaines après la dépose des appa­reils fixes. Remar­quez l'excellente sta­bi­lité du cas.La gen­cive qui pré­sen­tait quelques gon­fle­ments au niveau des papilles lors de la dépose est main­te­nant par­fai­te­ment saine grâce à une hygiène buc­co­den­taire excellente.

Com­pa­rai­son du pro­fil avec la vue céphalométrique

La photo de droite indique que la den­ti­tion supé­rieure est en avant de la den­ti­tion inférieure.

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Évolu­tion du pro­fil sur une période de 10 ans

Cette série de photo démontre l'évolution du pro­fil sur une période de 10 ans.

2001: Avant le masque de protraction.

2002: Après le masque de protraction.

2008: Avant le début du trai­te­ment majeur.

2009: À la fin du trai­te­ment majeur (dépose des appa­reils fixes).

2011: 2 ans après la dépose des appa­reils fixes.

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Biblio­gra­phie

 

Ngan P. et al, Treat­ment res­ponse and long-term den­to­fa­cial adap­ta­tion to maxil­lary expan­sion and pro­trac­tion, Semin Orthod 1997; 3:255–264

Ngan p., Early timely treat­ment of class III mal­oc­clu­sion, Semin Orthod 2005; 11:140–145

Tur­ley P.K., Treat­ment of class III mal­oc­clu­sion with maxil­lary expan­sion and pro­trac­tion, Semin Orthod 2007; 13:143–157

Bac­cetti T., Fran­chi L., The long-term pers­pec­tive on otho­do­pe­dic treat­ment of class III mal­oc­clu­sion, Cra­nio­fa­cial growth series volume 44, page 105–15

Autres cha­pitres du même livre: Dr Tur­ley page 117–133 et Dr Ngan page 135–145

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