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Chirurgie orthognathique

Indi­ca­tions

Une chi­rur­gie ortho­gna­thique est indi­quée lorsqu'un patient pré­sente un pro­blème ortho­don­tique suf­fi­sam­ment grave pour qu'un trai­te­ment de com­pen­sa­tion ou de camou­flage ne soient plus des solu­tions de trai­te­ment. Une chi­rur­gie pour réali­gner les mâchoires ou repo­si­tion­ner des seg­ments den­toal­véo­laires devient alors le seul trai­te­ment possible.

La chi­rur­gie n'est pas un sub­sti­tut au trai­te­ment ortho­don­tique. Elle est inté­grée au trai­te­ment ortho­don­tique et doit être coor­don­née avec celui-ci et avec les autres trai­te­ments de res­tau­ra­tions (implants, pros­tho­don­tie, paro­don­tie) si ceux-ci sont requis.

Tech­niques chi­rur­gi­cales contemporaines

Chi­rur­gie maxillaire

Ostéo­to­mie Le Fort 1

Expan­sion pala­tine rapide assis­tée chi­rur­gi­ca­le­ment (EPRAC)

• Ostéo­to­mie Le Fort II et Le Fort III (ces deux pro­cé­dures sont moins cou­rantes et géné­ra­le­ment réser­vées à des syn­dromes cra­nio­fa­ciaux tels que Crou­zon, Apert).

Chi­rur­gie mandibulaire

Ostéo­to­mie sagit­tale man­di­bu­laire bila­té­rale (OSMB)

Génio­plas­tie

Dis­trac­tion osseuse

Ce type de chi­rur­gie est basé sur le prin­cipe de mani­pu­la­tion du site de coupe de l'os afin d'étirer le caillot qui se forme pour répa­rer le site avant que ce caillot (cal mou) ne soit remi­né­ra­lisé et réos­si­fié. Parmi les avan­tages de la dis­trac­tion osseuse, on note que des mou­ve­ments d'une plus grande ampli­tude peuvent être exé­cu­tés et que des mâchoires défi­cientes peuvent être allon­gées à un plus jeune âge. On peut donc allon­ger ou élar­gir un maxil­laire ou une man­di­bule en uti­li­sant cette technique.

L'EPRAC est basée sur le prin­cipe de dis­trac­tion osseuse.

À la man­di­bule, il est pos­sible d'élargir au niveau du men­ton par dis­trac­tion osseuse de la sym­physe.

Ostéo­to­mie Le Fort 1

Ostéo­to­mie Le Fort 1

Les traits de découpes de l'ostéo­to­mie Le Fort 1 sont situés sur les parois laté­rales de l'os maxil­laire et s'étendent de l'orifice nasal anté­rieu­re­ment jusqu'à la jonc­tion pté­ry­go­maxil­laire pos­té­rieu­re­ment. Ce trait est situé au-dessus des racines des dents et passe sous l'arcade zygo­ma­tique. La paroi interne du sinus ainsi que le sep­tum nasal sont sépa­rés à l'ostéotome. Le maxil­laire est ensuite séparé (down frac­ture) des lames ptérygoïdes.

Ce genre d'ostéotomie per­met de repo­si­tion­ner le maxil­laire dans les 3 plans de l'espace. Les types de mou­ve­ment les plus fré­quents sont un avan­ce­ment, un repo­si­tion­ne­ment supé­rieur (impac­tion) et un repo­si­tion­ne­ment infé­rieur. Il peut y avoir une com­bi­nai­son des mou­ve­ments: anté­rieur et supé­rieur; anté­rieur et infé­rieur, rota­tion (abais­se­ment anté­rieur et relè­ve­ment pos­té­rieur). Vue de face, il est pos­sible de cor­ri­ger une incli­nai­son en rele­vant ou abais­sant un côté plus que l'autre.

Par­ti­tion du maxil­laire supérieur

Pour cor­ri­ger le maxil­laire dans le sens de la lar­geur, il faut le par­ti­tion­ner en 2 par son centre ou en 3 seg­ments (1 anté­rieure et 2 laté­raux) selon la quan­tité d'expansion requise. La figure du maxil­laire en vue occlu­sale illustre la posi­tion des traits de découpes. Les flèches bleues indiquent la jonc­tion du maxil­laire aux lames pté­ry­goïdes de l'os sphé­noïde. Ces jonc­tions doivent être rom­pues si on veut dépla­cer ou élar­gir le maxillaire.

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Ostéo­to­mie sagit­tale man­di­bu­laire bilatérale

Ostéo­to­mie sagit­tale man­di­bu­laire bilatérale

L'ostéotomie sagit­tale man­di­bu­laire consiste en une découpe de la man­di­bule entre la branche mon­tante et le corps man­di­bu­laire (trait noir). Cette découpe s'étend ver­ti­ca­le­ment du bord infé­rieur du corps man­di­bu­laire jusqu'à la jonc­tion supé­rieure approxi­ma­ti­ve­ment entre la 1re et la 2e molaire. Ce trait se pour­suit pos­té­rieu­re­ment sur la "tablette buc­cale", entre la ligne oblique externe et les dents, jusqu'à la branche mon­tante. Le trait conti­nue sur la face interne de la branche mon­tant et passe au-dessus de l'entrée du nerf alvéo­laire inférieur.

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Découpe en vue frontale

En vue fron­tale, on peut voir la lar­geur du corps man­di­bu­laire et le tra­jet de la découpe. Vous recon­naî­trez que le trait tra­verse le site de la 3e molaire. Cette dent, bien qu'on ne la voit pas sur cette man­di­bule séchée, a tout de même la dimen­sion d'une bille de l'ordre de 10 à 15 mm de dia­mètre si on tient compte du sac fol­li­cu­laire qui l'enveloppe. Il existe donc une cavité dans l'os qui, lorsque les 2 par­ties osseuses seront sépa­rées, amin­cit d'autant les parois osseuses res­tantes. C'est pour cette rai­son que les chi­rur­giens buc­caux pré­fèrent que les 3es molaires soient reti­rées au moins 6 mois avant une chi­rur­gie ortho­gna­thique, car il est impor­tant d'avoir des parois osseuses pleine épais­seur lorsqu'ils doivent fixer les frag­ments avec des vis bicorticales.

Vis bicor­ti­cales

Les vis bicor­ti­cales sont insé­rées à angle droit et immo­bi­lisent la paroi externe contre la paroi interne pour qu'une gué­ri­son com­plète se pro­duise. Il est pos­sible de com­prendre, grâce au cli­ché radio­gra­phique, que les vis sont pla­cées où devrait nor­ma­le­ment se situer le bour­geon d'une 3e molaire.

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Génio­plas­tie

Site de découpe pour une génioplastie

Une génio­plas­tie peut être uti­li­sée pour cor­ri­ger des ano­ma­lies de la par­tie antéro-inférieure du bord de la man­di­bule. À cet égard, une génio­plas­tie est une ostéo­to­mie du bord infé­rieur de la man­di­bule (infe­rior bor­der osteo­tomy) et per­met de modi­fier le contour du men­ton dans les 3 plans de l'espace et chan­ger la forme du men­ton en hau­teur (ver­ti­ca­le­ment), en lon­gueur (anté­ro­pos­té­rieu­re­ment) et en lar­geur (trans­ver­sa­le­ment). Une génio­plas­tie peut être exé­cu­tée seule ou en conjonc­tion avec d'autres ostéo­to­mies maxil­laire ou mandibulaire.

Le trait de découpe est situé sous l'apex des racines des inci­sives man­di­bu­laires et s'étend pos­té­rieu­re­ment en biseau en pas­sant sous le trou men­ton­nier par où sort le nerf men­ton­nier qui donne la sen­si­bi­lité à la peau et la muqueuse du men­ton et de la lèvre infé­rieure à par­tir de la com­mis­sure labiale.

Ostéo­syn­thèse pour génioplastie

La par­tie osseuse infé­rieure (dis­tale) déta­chée du corps de la man­di­bule (seg­ment proxi­mal) est glis­sée anté­rieu­re­ment et immo­bi­li­sée à l'aide d'ostéosynthèse métal­lique ou d'une plaque bicor­ti­cale et de vis. L'exemple de gauche avec ostéo­syn­thèse métal­lique repré­sente une réduc­tion ver­ti­cale et un avan­ce­ment. L'exemple de droite avec une plaque bicor­ti­cale démontre un avan­ce­ment, mais il y a eu très peu de réduc­tion ver­ti­cale. Ces radio­gra­phies ont été prises 2 semaines postchirurgie.

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Expan­sion pala­tine rapide assis­tée chi­rur­gi­ca­le­ment (EPRAC)

Lorsqu'un indi­vidu a atteint sa matu­rité phy­sique, l'expansion ortho­pé­dique du maxil­laire obte­nue chez l'individu en crois­sance n'est plus pos­sible. Un appa­reil d'expansion (chez l'adulte) fixé sur les dents ne ferait alors que bas­cu­ler les dents sans que la base osseuse soit élargie.

Il existe deux moyens d'élargir le palais chez l'adulte:

1– Élar­gir le palais en seg­men­tant le maxil­laire lors d'une ostéo­to­mie Le Fort 1

2– Élar­gir le palais en uti­li­sant le prin­cipe de dis­trac­tion osseuse (EPRAC)

Découpe pour expan­sion pala­tine rapide assis­tée chi­rur­gi­ca­le­ment (EPRAC ou SARPE)

L'EPRAC est l'équi­va­lent d'une ostéo­to­mie Le Fort 1 avec les mêmes découpes sauf qu'il n'y a pas de "down frac­ture". Le trait de découpe (flèches blanches) débute à l'ouver­ture piri­forme (forme de poire) de la cavité nasale et s'étend pos­té­rieu­re­ment jusqu'à la jonc­tion pté­ry­go­maxil­laire en pas­sant sous l'arcade zygo­ma­tique où le trait est élargi. Les 2 hémi­maxil­laires sont sépa­rés en leur centre à la suture inter­maxil­laire par un ostéo­tome fin. Un appa­reil d'expansion a été préa­la­ble­ment cimenté sur les dents. Il est activé d'environ 1 mm perop.

Appa­reil d'expansion pala­tine bibague

L'expansion (dis­trac­tion osseuse) est amor­cée 5 à 7 jours postop afin de lais­ser le caillot san­guin s'organiser en cal mou. La dis­trac­tion est faite à rai­son de 0,5 mm par jour jusqu'à l'obtention de la dimen­sion dési­rée. Dans l'image ci-contre, prise au der­nier jour d'expansion, remar­quez l'espace de près de 10 mm entre les 2 inci­sives cen­trales. La sépa­ra­tion entre les 2 inci­sives indique qu'il y a eu une dis­jonc­tion adé­quate des 2 hémi­maxil­laires. Cet espace fraî­che­ment créé entre les 2 inci­sives se refer­mera pro­gres­si­ve­ment alors que les fibres gin­gi­vales, qui sont étirées lors de l'écartement, retour­ne­ront à leur taille nor­male. Puisqu'elles sont atta­chées aux dents par le cément, les dents seront donc dépla­cées dans cet espace vide. La pose des bra­ckets com­plè­tera la fer­me­ture du diastème.

Pour avoir une infor­ma­tion com­plète et exhaus­tive de l'EPRAC, je recom­mande la lec­ture de ma thèse de maî­trise sur le sujet inti­tu­lée: Sta­bi­lité de l'expansion pala­tine rapide com­pa­rée à une ostéo­to­mie Le Fort 1 mul­ti­seg­menté.

Deux articles ont été pro­duits et publiés:

Clo­ser look at the sta­bi­lity of SARPE

Short– and long-term sta­bi­lity of SARPE revi­si­ted (in press. Le lien sera fourni après la publi­ca­tion pré­vue pour mars ou avril 2011).

Si vous dési­rez vrai­ment voir une chi­rur­gie d'ÉPRAC et que vous n'avez pas le coeur sen­sible, vous pou­vez vision­ner ce petit clip. Coeur sen­sible, veuillez vous abs­te­nir.  EPRAC_SARPE video­clip of sur­gi­cal technique

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Dis­trac­tion osseuse

La dis­trac­tion osseuse de la sym­physe est indi­quée dans les cas de constric­tion grave de la mâchoire infé­rieure. Elle per­met d'élargir la par­tie anté­rieure de la man­di­bule et rega­gner ainsi de l'espace pour ali­gner la den­ti­tion d'une part et pour la langue d'autre part.

Découpe sur man­di­bule sèche

Découpe de la sym­physe men­ton­nière (chi­rur­gien buc­cal: Dr Dany Morais)

La sym­physe men­ton­nière néces­site une découpe ver­ti­cale au centre du men­ton. Un appa­reil d'expansion avec fixa­tion osseuse est l'appareil idéal car l'arcade den­taire est si étroite qu'il est impos­sible de loger une vis d'expansion. Le cas illus­tré à droite démontre le site d'ostéotomie. Un appa­reil à ancrage den­taire a été utilisé.

La dis­trac­tion osseuse après expan­sion perop de 1 mm a été pour­sui­vie 7 jours après l'opération au rythme de 0,5 mm par jour jusqu'à l'obtention de l'expansion planifiée.

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Sépa­ra­tion après dis­trac­tion osseuse de la symphyse

Gué­ri­son com­plète après dis­trac­tion osseuse de la symphyse

Le cli­ché radio­gra­phique démontre la sépa­ra­tion obte­nue (sec­tion entre les pointes de flèches) entre les par­ties droite et gauche de la man­di­bule par étire­ment du cal mou. Cette sec­tion se ré-ossifie com­plè­te­ment et rien n'y paraî­tra une fois la gué­ri­son com­plé­tée. Lorsque l'ossification du cal mou débute, les dents peuvent être dépla­cées ortho­don­ti­que­ment dans cet espace nou­vel­le­ment créé. La radio­gra­phie de droite a été prise envi­ron 30 mois après la fin du trai­te­ment orthodontique.

Appa­reil d'expansion à ancrage osseux (chi­rur­gien buc­cal: Dr Dany Morais)

L'exemple ci-contre illustre un appa­reil avec ancrage osseux et ancrage den­taire. L'espace obtenu par l'élargissement de la sym­physe per­met d'aligner les dents et per­met à la langue d'enfin pou­voir se pla­cer à l'intérieur de l'arcade den­taire. La dis­trac­tion man­di­bu­laire peut être faite en conco­mi­tance avec l'EPRAC. L'élargissement de la man­di­bule peut faire par­tie d'un trai­te­ment majeur ortho­chi­rur­gie pour régler un pro­blème d'apnée du som­meil sévère.

Scott Conley et Harry Legan ont publié un excellent article dans le AJODO en 2006 afin d'illustrer un cas pré­sen­tant une constric­tion maxil­laire et man­di­bu­laire grave et une rétro­gna­thie man­di­bu­laire chez un patient apnéique. Cor­rec­tion of severe obs­truc­tive sleep apnea with bimaxil­lary trans­verse dis­trac­tion osteo­ge­ne­sis and maxil­lo­man­di­bu­lar advan­ce­ment.

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Les bien­faits de la chirurgie

Les avan­tages du trai­te­ment peuvent être formidables.

Même si la pers­pec­tive de subir une chi­rur­gie dans le cadre de votre plan de trai­te­ment peut vous paraître inti­mi­dant, cela est vrai­ment fré­quent. Une fois les trai­te­ments d'orthodontie et de chi­rur­gie complétés,vous pour­rez jouir d'une meilleure santé den­taire et avoir une plus belle appa­rence faciale.

Commentaires et questions

24commentaires sur “Chirurgie orthognathique”

  1. Stéphanie dit :

    Le 25 novembre 2010, j'ai moi-même subi une expan­sion pala­tine assis­tée chi­rur­gi­ca­le­ment (EPRAC).

    Avant l'opération, je n'ai pas eu la chance de regar­der la vidéo que le Dr Cham­ber­land a mise sur son site. Ce n'est que der­niè­re­ment que j'ai eu la pos­si­bi­lité de la voir et je dois vous avouer que j'en suis res­tée bouche-bée.

    Sin­cè­re­ment, j'ai vrai­ment trouvé cela spec­ta­cu­laire! C'est fou tout ce que la méde­cine est capable de faire de nos jours… Ce qui est le plus impres­sion­nant, c'est que mal­gré tout ce que l'on peut voir dans la vidéo, la réa­lité est que ce n'est pas si dou­lou­reux que ça et que la gué­ri­son se fait assez rapidement!

    Ce qui est le plus "aga­çant", c'est tout l'inconfort que peut géné­rer cette opé­ra­tion. Par incon­fort, je parle du fait que le visage enfle, que cer­taines zones du visage res­tent engour­dies pen­dant plu­sieurs jours et qu'il est dif­fi­cile de par­ler et de s'alimenter nor­ma­le­ment. Par contre, comme je l'ai déjà pré­cisé, après quelques jours seule­ment le visage com­mence à reprendre son appa­rence nor­male, notre visage retrouve sa sen­si­bi­lité, il est pos­sible de recom­men­cer à man­ger cer­tains ali­ments et par­ler est de moins en moins difficile.

    Je suis heu­reuse d'avoir eu la chance de voir cette vidéo, car ainsi j'ai été en mesure de répondre à plu­sieurs de mes ques­tion­ne­ments. J'ai pu com­prendre les rai­sons pour les­quelles cer­tains endroits de ma bouche étaient plus dou­lou­reux que d'autres. Pour­quoi cer­taines zones de mes gen­cives sont encore insen­sibles. Pour­quoi j'ai eu quelques sai­gne­ments de nez ainsi que de la dou­leur quand je le tou­chais, etc.

    Il est évident que de regar­der cette vidéo n'est pas un moment de plai­sir… J'ai dû fer­mer mes yeux à quelques reprises, mais à la fin j'étais fière de moi. Fière d'avoir subi cette opé­ra­tion et fière de pou­voir dire que tout cela a l'air pire que ça ne l'est en réa­lité :)

  2. Sébastien dit :

    Bon­jour,

    J'ai consulté un ortho­don­tiste il y a quelques années qui me pro­po­sait l'EPRAC en début de trai­te­ment. Je n'avais pas les res­sources finan­cières néces­saires à ce moment, mais j'ai écono­misé depuis et j'envisage main­te­nant le trai­te­ment. Je consulte donc les dif­fé­rents sites d'orthodontistes de Qué­bec afin de por­ter un choix final sur le spé­cia­liste que je consulterai.

    L'EPRAC m'inquiète un peu. Je me demande com­bien cela prend de temps géné­ra­le­ment avant de rede­ve­nir fonc­tion­nel (pou­voir retour­ner au tra­vail et vaquer à ses occu­pa­tions quo­ti­diennes) après une EPRAC? Est-ce que la dou­leur demeure longtemps?

    Merci!

    Sébas­tien

    • Bon­soir Mon­sieur Sébastien,

      D'abord, je vous invite à lire la sec­tion témoi­gnage de la page d'accueil. Le témoi­gnage de Sté­pha­nie concer­nant son expé­rience avec une EPRAC devrait vous ras­su­rer quant à la dou­leur. Vous remar­que­rez à la lec­ture du témoi­gnage de Sté­pha­nie, ainsi que ceux des autres patients ayant subi d'autres de chi­rur­gies, que la dou­leur ne semble pas être un obs­tacle. Selon mes patients, la dou­leur est tolé­rable, pas très grande, très sup­por­table.
      Le temps de conva­les­cence varie d'une per­sonne à l'autre, mais il semble y avoir un consen­sus qu'il faut res­ter tran­quille les 7 pre­miers jours. Entre le 7e et le 14e jour, les forces reviennent rapi­de­ment, mais il est impor­tant de bien s'alimenter. Il est pro­bable que vous pour­rez reprendre vos occu­pa­tions nor­males durant cette période.
      Nous sommes en train de fina­li­ser sur ce site un page décri­vant tous les conseils post­opé­ra­toires ainsi que des recettes d'alimentations recom­man­dées par les dié­té­tistes de l'hôpital de l'Enfant-Jésus (voir FAQ/conseils post­opé­ra­toires).
      J'espère que ces quelques infor­ma­tions sau­ront vous ras­su­rer. Pre­nez le temps de consul­ter tous les docu­ments concer­nant la chi­rur­gie EPRAC sur cette page. Des hyper­liens vous condui­ront aux tra­vaux de recherche que j'ai fait sur le sujet.

      Rece­vez, Mon­sieur Sébas­tien, mes salu­ta­tions distinguées

      Dr Syl­vain Chamberland

  3. Sihem dit :

    Bon­jour Docteur,

    Suite à d'importantes recherches d'informations et témoi­gnages sur inter­net concer­nant l’opération Le Fort 1, je suis tom­bée sur votre site.
    Ma situa­tion actuelle est que je dois subir une opé­ra­tion Le Fort 1 afin de cor­ri­ger une petite béance den­taire.
    –J'ai consulté un pre­mier chi­rur­gien qui me pro­pose le trai­te­ment sui­vant:
    Pose d'un appa­reillage den­taire puis au bout de 3/4 mois, subir l’opération du maxil­laire avec l’élargissement du palais (mon élar­gis­se­ment pala­tin est très léger, c'est pour­quoi il me pro­pose de faire les 2 en une seule opé­ra­tion). Je gar­de­rai l'appareillage 10 mois après l’opération.
    –J'ai consulté un second chi­rur­gien afin d'avoir son avis sur mon cas. Ce der­nier m'a pro­posé de faire dans un pre­mier temps l’élargissement du palais (pre­mière opé­ra­tion) avec pose d'un dis­jonc­teur et appa­reillage, puis 6 mois après pro­cé­der au Le Fort 1. (deuxième opération).

    Je reste très hési­tante quant au choix de mon trai­te­ment et sou­hai­tais avoir votre avis sur mon cas et ces 2 types de trai­te­ment pro­po­sés. J'ai d'ailleurs lu votre mémoire très inté­res­sant (merci!) mal­gré cer­tains aspects incom­pris. Je vous remer­cie par avance pour votre point de vue et vos conseils.
    Dans l'attente
    Très cor­dia­le­ment
    Sihem

    • Bon­jour Sihem,

      Il est dif­fi­cile de répondre adé­qua­te­ment à votre ques­tion parce qu'il me manque des infor­ma­tions impor­tantes et que le choix de pro­cé­der à 2 phases chi­rur­gi­cales dis­tinctes ne repose pas sur le simple fait "d'avoir une petite béance anté­rieure à cor­ri­ger."
      Pour qu'il y ait indi­ca­tion de pro­cé­der à un élar­gis­se­ment du palais (EPRAC), il faut une défi­cience de lar­geur de plus de 5 à 7 mm, c'est-à-dire que la mâchoire supé­rieure est trop étroite d'au moins 7 mm par rap­port à la mâchoire infé­rieure. Le deuxième cri­tère serait l'amplitude des mou­ve­ments néces­saires dans le sens ver­ti­cal et sagit­tal (avant-arrière).
      S'il est vrai que votre élar­gis­se­ment pala­tin est très léger et que vous avez "une petite béance", il est fort pro­bable ou vrai­sem­blable que la cor­rec­tion chi­rur­gi­cale puisse se faire dans les 3 plans de l'espace en une seule opé­ra­tion.
      Je m'interroge cepen­dant sur le fait que vous ne sem­blez pas avoir consulté d'orthodontiste afin de coor­don­ner vos trai­te­ments. Votre adresse m'indique que vous habi­ter dans la région Provence-Alpes. Je vous recom­mande de consul­ter un ortho­don­tiste de votre région. À Qué­bec, l'orthodontiste est le maître d'oeuvre des trai­te­ments ortho­chi­rur­gies et les étapes du trai­te­ment sont coor­don­nées avec le chi­rur­gien buc­cal et maxil­lo­fa­cial et il ne se fait à peu près pas de chi­rur­gie ortho­gna­thique sans qu'il n'y ait pas conjoin­te­ment un trai­te­ment d'orthodontie. De plus, une petite béance et un petit pro­blème de lar­geur çà pour­raient peut-être se cor­ri­ger sans approche chi­rur­gi­cale.
      Je crains que ma réponse ne vous rendre encore plus hési­tante et confuse. Un diag­nos­tic et un plan de trai­te­ment ne peuvent se faire à dis­tance sans avoir vu le patient.

      Rece­vez, Sihem, mes salu­ta­tions distinguées

      Dr Syl­vain Chamberland

  4. Jean-François dit :

    Bon­jour Dr Chamberland,

    Je viens de subir une EPRAC (6 juin 2011) en vue d'avoir un appa­reil ortho­don­tique. Une semaine après la chi­rur­gie, j'ai com­mencé l'activation de l'appareil d'expansion (à rai­son de 2 acti­va­tions par jour pen­dant 12 jours) pour fina­le­ment atteindre +/- 10mm d'espace entre les deux inci­sives. Tou­te­fois, cette expan­sion a créé un dés­équi­libre de +/- 4mm entre les deux inci­sives (expan­sion en angle). En regar­dant la plu­part des pho­tos dis­po­nibles sur inter­net, je remarque que la plu­part des expan­sions semblent être à 180 degrés (les deux inci­sives sont égales). Est-ce nor­mal d'avoir un dés­équi­libre entre les deux inci­sives ? Est-ce que l'EPRAC peut cau­ser un dés­équi­libre entre les deux hémi­maxil­laires ?? De plus, envi­ron 24 jours après la chi­rur­gie et 4 jours après avoir cessé l'activation de l'appareil d'expansion, je res­sens tou­jours de l'engourdissement dans la lèvre supé­rieure et les joues. Est-ce nor­mal de res­sen­tir encore de l'engourdissement (insen­si­bi­lité) après un peu plus de trois semaines ??

    Je vous remer­cie à l'avance des réponses à mes questions !!

    Bonne jour­née !!

    • Bon­jour Monsieur,

       

      L'expansion lors d'un EPRAC cause inévi­ta­ble­ment un angle entre les 2 inci­sives lors de leur sépa­ra­tion. Les 2 hémi­maxil­laires peuvent s'incliner de 5° à 10° par côté d'où la néces­sité d'avoir un appa­reil très rigide. Il peut donc y avoir une diver­gence entre les 2 inci­sives d'environ 10° à 20° en même temps que l'espace entre ces dents. Il est impor­tant que l'espace obtenu entre les 2 inci­sives soit pro­por­tion­nel au gain en lar­geur entre les 2 molaires d'ancrage. Si j'interprète bien votre 4 mm , je com­prends qu'à la base des 2 inci­sives là où elles entrent dans la gen­cive, c'est 4 mm plus étroits qu'au bout des dents. C'est beau­coup de diver­gence à moins qu'il n'y eût déjà une diver­gence que vous n'aviez pas obser­vée avant ou que le sens de l'écart que vous décri­vez ne soit pas dans le sens gauche-droit, mais dans le sens avant-arrière, ce qui serait dif­fi­ci­le­ment expli­cable aussi. Je crois que vous devriez poser la ques­tion à votre ortho­don­tiste. Il lui sera facile de vous répondre,
      En ce qui concerne votre engour­dis­se­ment, c'est nor­mal après seule­ment 24 jours. Cela peut prendre jusqu'à 6 mois avant d'avoir une sen­si­bi­lité nor­male.
      Je vous montre 2 exemples récents d'espace entre les dents à la der­nière jour­née d'activation.

      Vous remar­que­rez qu'il n'y a que très peu de diver­gence entre les 2 inci­sives. L'espace obtenu est tout à fait pro­por­tion­nel l'augmentation de la dis­tance inter­mo­laire. Le coef­fi­cient de cor­ré­la­tion est 0,64 (cf article cité en rubrique). Le déve­lop­pe­ment d'un dias­tème indique que l'expansion des molaires (hémi­maxil­laires) se pro­duit cor­rec­te­ment.
      Pour plus d'information je vous recom­mande de lire mon plus récent article de recherche sur le sujet:

       

      Je sou­haite que j'ai pu ainsi vous rassurer.

       

      Rece­vez, Mon­sieur, mes salu­ta­tions distinguées,

       

      Dr Syl­vain Chamberland

  5. Jean-François dit :

    Bon­jour Dr. Chamberland,

    Tout d'abord merci pour les réponses à mes ques­tions, ceci est gran­de­ment appré­cié !! Merci égale­ment pour votre publi­ca­tion. Je n'ai pas encore fait la lec­ture de votre tra­vail, tou­te­fois je vais en faire une lec­ture exhaus­tive dès que le temps me le permettra.

    En fait, oui j'ai un angle très léger en com­pa­rant la dis­tance entre la base et le bout des inci­sives, ceci est juste. Je crois égale­ment que l'espace obtenu entre les deux inci­sives est pro­por­tion­nel à l'augmentation de la dis­tance inter­mo­laire. Tou­te­fois, je crois m'avoir mal expri­mer avec le dés­équi­libre de +/-4 mm. Ceci concerne plu­tôt la dif­fé­rence de hau­teur des inci­sives. Plus pré­ci­sé­ment, si on prend la base de l'incisive de l'hémimaxillaire droit comme point de réfé­rence à 0 mm, on constate que la base de l'incisive de l'hémimaxillaire gauche est à envi­ron –4 mm (plus bas comme ceci _– ). En regar­dant quelques pho­tos publiées sur l'internet, je constate que la base des inci­sives semblent tou­jours être à la même hau­teur. Donc, si je refor­mule ma ques­tion: est-ce nor­mal d'avoir une dif­fé­rence de hau­teur entre les deux inci­sives (en com­pa­rant la base des incisives)?

    Je vous remer­cie à l'avance de la réponse à cette question.

    Sin­cè­re­ment,

    Jean-François

    • Merci de pré­ci­ser votre ques­tion et j'avoue que je n'avais pas ima­giné que l'écart était sur le plan ver­ti­cal. Bref, cela ne m'apparaît pas nor­mal.
      Tou­te­fois, sans avoir vu la situa­tion cli­nique avant l'expansion et la situa­tion cli­nique à ce jour, je ne peux vous dire pour­quoi. Auriez-vous reçu un coup sur la dent? Auriez-vous tenté de tou­cher à la dent pour en tes­ter la mobi­lité? Y avait-il déjà un écart ver­ti­cal?
      J'ai déjà eu un patient qui tenait son bébé de 2 mois entre ses mains et qui a reçu un léger coup de tête de son bébé en plein sur une inci­sive. Bang! Il en a eu les larmes aux yeux de dou­leur. Le coup a causé une hémor­ra­gie dans la chambre pul­paire et il a fallu pro­cé­der à un trai­te­ment de canal.
      Votre inquié­tude est légi­time et la réponse est pro­ba­ble­ment simple.
      Quand reverrez-vous votre ortho­don­tiste? Pouvez-vous l'appeler et lui par­ler? Je vous recom­mande soit de le voir en urgence, soit de l'appeler. Il est le mieux placé pour vous répondre et vous rassurer.

      Je vous dis bonne chance, ce n'est peut-être pas grave ce qu'il vous arrive, mais il vaut mieux que vous alliez vérifier.

      Rece­vez, Mon­sieur Jean-François, mes salu­ta­tions distinguées

      Dr Syl­vain Chamberland

  6. Mélanie dit :

    Bon­jour,
    J'aimerais seule­ment savoir après com­bien de temps approxi­ma­ti­ve­ment l'écart entre les palettes devient moins larges. Je suis déjà assez com­plexée avec ma petite espace entre les dents et je me demande com­ment gérer une espace aussi impor­tante. Je tra­vaille dans le publique.
    Merci.

    • Bon­jour Mélanie,

      Cela varie aussi en fonc­tion de l'âge du patient, l'auto fer­me­ture est plus rapide chez une per­sonne dans la jeune ving­taine qu'une per­sonne dans la tren­taine ou dans la qua­ran­taine.
      Vous devez savoir que dès que l'activation de l'appareil cesse, les fibres gin­gi­vales vont ini­tier le mou­ve­ment de re-fermeture, mais ce mou­ve­ment est lent et il faut comp­ter entre 2 à 4 mois après l'arrêt de la dis­trac­tion osseuse (expan­sion) pour que l'espace soit com­plè­te­ment refer­mée. Nor­ma­le­ment, l'orthodontiste colle les bra­ckets 2 mois après l'arrêt de l'expansion et il peut mettre une force active douce (très faible) ce qui va acti­ver la fer­me­ture de l'espace entre les 2 incisives.

      Rece­vez mes salutations,

      Syl­vain Chamberland

  7. Bon­jour Dr Chamberland,

    De 2006 à 2009, j'ai eu des broches et mon plan de trai­te­ment den­taire incluait une chi­rur­gie de mâchoire, car mes mâchoires étaient très désa­li­gnées. J'avoue que lorsque j'ai ren­con­tré mon chi­rur­gien pour la pre­mière fois sous les recom­man­da­tions de mon ortho­don­tiste avant de prendre la déci­sion d'y aller de l'avant avec mes trai­te­ments den­taires, j'ai eu vrai­ment peur de ce type de chi­rur­gie! La chi­rur­gie ortho­gna­tique que j'ai fina­le­ment subie en mars 2008 com­pre­nait une ostéo­to­mie de Le Fort I, une ostéo­to­mie sagit­tale man­di­bu­laire bila­té­rale, une génio­plas­tie et une tur­bi­nec­to­mie (l'ablation des cor­nets infé­rieurs du nez afin de pré­ser­ver un pas­sage d'air adé­quat à la suite de l'impaction impor­tante de mon maxillaire).

    Après coup, je dois dire que je n'avais rien à craindre de la chi­rur­gie. Tout s'est bien déroulé pen­dant l'opération. Il faut dire que j'avais une grande confiance en mon chi­rur­gien et j'ai suivi ses conseils à la lettre après la chi­rur­gie. J'ai par contre dû subir une deuxième chi­rur­gie 4 semaines après la pre­mière pour reprendre la fixa­tion sagit­tale sur ma mâchoire infé­rieure. Mal­gré cette "com­pli­ca­tion" très rare, je ne regrette pas d'avoir subi les trai­te­ments. Mon estime per­son­nelle a aug­menté en flèche après mes trai­te­ments den­taires et je fonce main­te­nant dans la vie comme je l'ai tou­jours voulu et comme je savais que je le pour­rais avec des dents et des mâchoires droites. Je n'ai plus peur de mon­trer mon sou­rire que j'affiche main­te­nant avec fierté! Si tout cela était à refaire demain matin, je le refe­rais sans hési­ter de par les béné­fices que mes broches et mes chi­rur­gies m'ont procurés.

    À la suite de mon expé­rience face à la chi­rur­gie ortho­gna­tique, j'ai décidé de mettre sur pied mon site web per­son­nel (www.mhcyr.com) conte­nant une sec­tion sur la chi­rur­gie. J'espérais convaincre des gens qui hésitent à subir une chi­rur­gie de mâchoire en décri­vant mon aven­ture dentaire.

    Par souci de me ren­sei­gner sur le sujet de la chi­rur­gie de mâchoire, j'ai fait des recherches sur inter­net et je suis tom­bée sur votre site web par hasard. D'une part, j'ai été très impres­sion­née par la qua­lité et la quan­tité d'informations dans votre guide d'alimentation et les idées de recette pour ceux et celles qui subissent des chi­rur­gies buc­cales. Si j'avais eu ce genre d'informations avant ma chi­rur­gie, j'aurais pu pro­ba­ble­ment mieux me pré­pa­rer, sur­tout ce qui a trait à mon ali­men­ta­tion postopératoire.

    Égale­ment, je cher­chais des pages inter­net depuis quelques mois déjà expli­quant en gros la nature des inter­ven­tions que j'ai subies. Quelle ne fut pas ma sur­prise de voir votre page à ce sujet! C'est exac­te­ment le genre d'informations que je cher­chais pour expli­quer à mes proches les inter­ven­tions que j'ai subies. L'information que cette page contient est claire et très bien appuyée par des pho­tos et des radiographies.

    Bravo pour votre site!

    Marie-Hélène

    • Merci pour vos bons mots,
      Vous êtes bien pla­cées pour savoir le temps qu'il faut mettre pour construire un site. Des heures et des heures!
      De savoir que mes efforts peuvent être vus et lus et rendre ser­vice au public en géné­ral est une récom­pense en soi.
      Merci
      Dr Syl­vain Chamberland

  8. Nico dit :

    Bon­jour Docteur,

    Merci effec­ti­ve­ment pour votre tra­vail de pré­sen­ta­tion de vos acti­vi­tés !
    Je viens de vision­ner la vidéo de l'EPRAC et je ne vois pas de pose de plaques d'ostéosynthèse… Est-ce parce qu'il n'y en a pas, ou parce que le film n'est pas "intégral" ?

    Je n'ai pas bien com­pris ce que vous appe­lez "down frac­ture". Ceci dit, je dois prendre le temps de lire votre thèse, ce sera peut-être plus clair après !

    D'autre part en ce qui concerne les génio­plas­ties, le déca­lage qui se crée au niveau de la frac­ture du men­ton, finit-il par se com­bler, se lisser ?

    Merci par avance pour vos infor­ma­tions et
    Bonne Année.

    Nico­las

    • Bon­soir Nicolas,

      Ques­tion 1 :
      EPRAC

      Il n'y a pas d'ostéosynthèse lors de l'expansion pala­tine assis­tée chi­rur­gi­ca­le­ment parce qu'il n'en faut pas. L'expansion chi­rur­gi­cale est en fait de la dis­trac­tion osseuse c'est-à-dire que lorsque l'os est coupé, les deux par­ties sont éloi­gnées gra­duel­le­ment l'une de l'autre ce qui étire le cal mou formé par le sang autour du trait de coupe. Il est donc essen­tiel que les deux hémi­maxil­laires puissent être libres de s'écarter. Les ostéo­syn­thèses servent à immo­bi­li­ser les par­ties osseuses. Vous com­pre­nez alors que s'il y avait des ostéo­syn­thèses, il ne serait pas pos­sible d'écarter les hémimaxillaires.

      Ques­tion 2 :
      Down fracture

      Le terme "down frac­ture" est uti­lisé pour décrire la sépa­ra­tion com­plète du maxil­laire des lames pté­ry­goïdes en pos­té­rieur. Il implique la mobi­li­sa­tion com­plète du maxil­laire sans aucune entrave ou lien avec les os de qui on le sépare. Cette étape est néces­saire lors d'une ostéo­to­mie Le Fort 1 afin de pou­voir dépla­cer le maxil­laire dans les 3 plans de l'espace.

      La photo de gauche est une vue plon­geante d'un maxil­laire après la sépa­ra­tion com­plète. La lettre P indique les seg­ments pos­té­rieurs. La lettre A indique les seg­ments anté­rieurs. La lettre C indique l'ilot cen­tral. Les flèches indiquent les traits d'ostéotomies sépa­rant le maxil­laire en segments.

      .

      Ques­tion 3 :

      Génio­plas­tie

      Il y a un remo­de­lage osseux impor­tant après une génio­plas­tie et le trait de coupe se comble entiè­re­ment et dis­pa­rait. Le remo­de­lage est dif­fé­rent entre un adulte et un adolescent.

      Génio­plas­tie chez l'adolescent

      Les radio­gra­phies ci-contre repré­sentent un ado­les­cent qui a subi une génio­plas­tie d'avancement et de réduc­tion ver­ti­cale. Obser­vez le remo­de­lage osseux qui s'est pro­duit durant la crois­sance puber­taire de cet ado­les­cent. La lettre R indique les endroits de résorp­tion osseuse et la lettre A indique les endroits d'apposition osseuse.

      Le déca­lage s'est très bien "lissé".

      .

      Génio­pla­site chez l'adulte

      Les radio­gra­phies de droite repré­sentent une femme adulte ayant subi une génio­plas­tie sem­blable au jeune homme ci-haut décrit. Notez le peu de remo­de­lage osseux du rebord man­di­bu­laire infé­rieur. Notez aussi qu'il n'y a presque pas d'apposition osseuse sur le ver­sant anté­rieur au niveau du fil d'ostéosynthèse en com­pa­rai­son au cas pré­cé­dent. Le seul endroit où il y a eu un remo­de­lage signi­fi­ca­tif (résorp­tion) est la par­tie anté­ro­su­pé­rieure du frag­ment osseux qui a été avancé, c'est-à-dire le frag­ment distal.

      Le déca­lage s'est bien lissé, mais il y a moins d'apposition osseuse. Le lis­sage s'est pro­duit par le remo­de­lage du coin supé­roan­té­rieur du frag­ment distal.

  9. Nico dit :

    Merci beau­coup pour vos réponses et pour votre ama­bi­lité.
    Il me reste une ques­tion de détail (ou d'importance, c'est selon !) liée au point 1 :
    je com­prends bien qu'il ne faut pas relier les hémi­maxil­laires post-op afin de per­mettre leur écar­te­ment. Mais quid de leur lien avec le reste du crâne, dans la direc­tion ver­ti­cale (qui fait que le maxil­laire ne tom­bera pas !!!) ? Il ne se fait que par les lames pté­ry­goïdes à l'arrière, et par le main­tien bouche fer­mée à l'avant ?

    • Le maxil­laire est retenu par le sep­tum nasal, les parois internes des fosses nasales, les os pala­tins, tout le pédi­cule vélo­pha­ryngé et pala­tin. Il reste encore beau­coup de tis­sus vous savez.

      Bon­soir

      Dr Syl­vain Chamberland

  10. Nico dit :

    Quelle promp­ti­tude ! Merci.

  11. Visiteur dit :

    Bon­jour,
    Je m'intéresse au cas du jeune homme ayant subi une génio­plas­tie : on voit, dans le texte joint à l'image, "remo­de­lage osseux" dû à la crois­sance chez l'adolescent. Est-ce une appa­ri­tion de matière osseuse au niveau des zones dépla­cées (par exemple la zone A — image mars 2003)? Les "trous" sont-ils com­blés dans les mois qui suivent si oui : de façon naturelle ?

    Une der­nière ques­tion : on m'a dit qu'il exis­tait un risque de non-consolidation de l'os lors de l'avancement, une sorte de "dis­so­lu­tion" de l'os est possible?

    • Votre ques­tion est per­ti­nente et per­met d'ajouter quelques pré­ci­sions.
       
      Le remo­de­lage osseux que je décris com­prend de l'apposition et de la résorp­tion (A signi­fie Appo­si­tion et R signi­fie Résorp­tion) aux zones indi­quées par des flèches et des lettres sur les vues radio­gra­phiques ci-haut (réponse pré­cé­dente). Sur les radio­gra­phies du jeune gar­çon de 14 ans, il y a eu appo­si­tion ou for­ma­tion d'os ou si vous pré­fé­rez "appa­ri­tion d'os" au-dessus du seg­ment de men­ton qui est avancé. L'os est "déposé", ou l'os s'est formé, sur le ver­sant anté­rieur de la man­di­bule.

      Les "trous" ou plus pré­ci­sé­ment "l'épaulement" ainsi créé par l'avancement du seg­ment osseux du men­ton se comblent natu­rel­le­ment durant le pro­ces­sus de guérison.

      J'ai l'habitude de prendre les radio­gra­phies dans les 3 semaines sui­vant la chi­rur­gie. Sauf qu'un patient s'est pré­senté à son rendez-vous de contrôle 18 semaines après la chi­rur­gie de son men­ton. La radio­gra­phie que j'ai prise met en évidence une dépo­si­tion d'os (flèches blanches) et l'apparition d'un nou­veau contour de la face anté­rieure du men­ton. Les flèches noires indiquent l'ancien contour.

      En ce qui concerne une non-consolidation, je ne l'ai jamais constaté pour les cas de génio­plas­tie. D'ailleurs, vous pou­vez consta­ter que le trait de coupe n'est déjà qua­si­ment plus visible 18 semaines postgénio.

      Les non-consolidations (mal-union) sont extrê­me­ment rares. Si cela se pro­duit, ce sera géné­ra­le­ment secon­daire à une infec­tion post­opé­ra­toire ou une frac­ture des frag­ments aux sites de fixa­tion. Je l'ai vécu une seule fois avec un de mes patients qui avait subi une ostéo­to­mie sagit­tale man­di­bu­laire bila­té­rale et qui a dû être réopéré du côté droit pour recon­so­li­der le tout. Bien entendu, l'infection a été contrô­lée par antibiothérapie

       

  12. dominique dit :

    Bon­jour,

    J'ai subi une ostéo­to­mie maxil­laire et man­di­bu­laire il y a 8 jours, le 26 jan­vier. Depuis, j'ai tou­jours des sai­gne­ments de nez peu impor­tants, mais per­ma­nents de la narine gauche. J'ai eu plu­sieurs jours durant des sai­gne­ments à la narine droite égale­ment, mais ces der­niers se sont arrê­tés. J'ai lu que ces sai­gne­ments arri­vaient seule­ment justes après l'intervention. Est-ce nor­mal? Merci. Il est vrai qu'en sor­tant de l'hôpital, j'ai attrapé froid avec le nez qui coule. Mais là c'est ter­miné. Je ne sais pas si ça a joué.

    • Bon­soir,

      Les sai­gne­ments de nez (épis­taxis) sont pos­sibles après une chi­rur­gie ortho­gna­thique, mais je crois qu'il serait bon que vous recon­sul­tiez votre chi­rur­gien. Votre ques­tion concerne plus les soins post­chi­rur­gi­caux immé­diats que les soins ortho­don­tiques. Ils sont plus adé­qua­te­ment pris en charge par le chi­rur­gien que par l'orthodontiste.
      Par contre, un sai­gne­ment léger n'est pas néces­sai­re­ment anor­mal ou grave. Veuillez donc en revoir votre chi­rur­gien le plus tôt possible.

      Bonne chance

  13. Visiteur dit :

    Merci infi­ni­ment pour toutes vos réponses, j'y vois encore plus clair !
    Je vois que votre cli­nique est loca­li­sée au Qué­bec, puis-je vous deman­der quels sont vos hono­raires? Je vis en France et j'ai ren­con­tré plu­sieurs chi­rur­giens qui opèrent à des prix très dif­fé­rents (pour une génio­plas­tie) et j'avoue ne pas m'y retrouver …

    • Mes hono­raires sont inclus dans le cadre d'un trai­te­ment ortho­don­tique. Je suis ortho­don­tiste et non pas chi­rur­gien buc­cal. Au Qué­bec, les hono­raires sont cou­verts par le régime de santé publique (RAMQ). Par contre, je sais que les chi­rur­giens peuvent fac­tu­rer un mon­tant pou­vant varier entre 1000$CAN et 2000$CAN selon les régions (Qué­bec, Mont­réal, Trois-Tivières ou Sher­brooke).
      Il est plus impor­tant de se concen­trer sur la façon dont le chi­rur­gien pro­cède à la coupe osseuse et quel type de fixa­tion utilisera-t-il. Pour une génio­plas­tie, 2 à 4 ostéo­syn­thèses (fil métal­lique) suf­fisent. Cer­tains uti­lisent des plaques avec vis. Bien que ce soit une bonne méthode, ce n'est pas néces­saire. De plus, j'ai remar­qué que les vis de la plaque sur le seg­ment dis­tal (la par­tie qui est avan­cée) deviennent trop en dehors (la tête flotte dans le vide) car l'os qui les entoure se résorbe (zone résorp­tive).

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