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Conseils postopératoires

Guide de soins post­opé­ra­toires en chi­rur­gie buc­cale et maxillo-faciale

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Avant-propos

Soins chi­rur­gi­caux

En cas de problème

Visite de contrôle postopératoire

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Avant-propos

À la suite d’un acci­dent ou pour amé­lio­rer votre santé den­taire, vous avez subi – ou vous apprê­tez à subir – une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale à la bouche.

Cette opé­ra­tion peut affec­ter votre mas­ti­ca­tion, votre res­pi­ra­tion, votre façon de par­ler et, tout compte fait, votre qua­lité de vie.

Vous trou­ve­rez dans ce guide des conseils pra­tiques de saine ali­men­ta­tion et de bons soins ainsi que des recettes simples et nour­ris­santes qui vous aide­ront à mieux tra­ver­ser cette étape chirurgicale.

Nous vous sou­hai­tons prompt rétablissement!

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Soins chi­rur­gi­caux

La plu­part des inter­ven­tions majeures en chi­rur­gie buc­cale et maxillo-faciale se déroulent en milieu hos­pi­ta­lier, sous anes­thé­sie générale.

Anes­thé­sie

L’anesthésie requiert l’emploi de tubes, cathé­ters et sondes, dont les détails d’utilisation sont four­nis lors des ren­contres pré­pa­ra­toires à l’intervention.

Hos­pi­ta­li­sa­tion

La durée du séjour hos­pi­ta­lier varie selon la tech­nique chi­rur­gi­cale employée, la dif­fi­culté de l’opération et la vitesse de récu­pé­ra­tion du patient. Cer­tains quittent le jour même – on parle de chi­rur­gie d’un jour – alors que d’autres doivent pas­ser quelques nuits à l’hôpital. La ten­dance à rac­cour­cir la durée de l’hospitalisation n’affecte pas la qua­lité des soins ni les résul­tats de l’intervention. Le virage ambu­la­toire contri­bue même à raf­fi­ner les tech­niques et à dimi­nuer les risques opératoires.

Œdème (enflure),engourdissement

La chi­rur­gie buc­cale et maxillo-faciale entraine géné­ra­le­ment un cer­tain degré d’enflure, des ecchy­moses ou des engour­dis­se­ments. Ces phé­no­mènes atteignent leur point culmi­nant en 48 ou 72 heures et dis­pa­raissent après 7 à 10 jours. Tou­te­fois, les engour­dis­se­ments pour­ront durer quelques semaines et par­fois même quelques mois.

Pen­dant votre hos­pi­ta­li­sa­tion, la tête de votre lit est sur­éle­vée de 30° à 45°. À la mai­son, tant que durera l’œdème, uti­li­sez au besoin plus d’un oreiller pour dor­mir. Pour résor­ber l’enflure, appli­quez de la glace pen­dant le pre­mier 48 heures; ensuite, il fau­dra plu­tôt recou­rir à la cha­leur humide : appli­quez des com­presses d’eau chaude.

Lèvres sèches

L’œdème et l’incapacité d’humecter vos lèvres causent leur assè­che­ment, source d’inconfort. Appli­quez de la vase­line ou tout autre lubri­fiant pour accé­lé­rer la cica­tri­sa­tion des fis­sures aux com­mis­sures des lèvres (coins de la bouche).

Sécré­tions, respiration

Pen­dant votre hos­pi­ta­li­sa­tion, il peut être néces­saire d’aspirer vos sécré­tions et votre salive. Au début, un membre du per­son­nel infir­mier s’en char­gera. Par la suite, cette per­sonne vous ensei­gnera com­ment faire. Ne vous inquié­tez pas, vous repren­drez rapi­de­ment le contrôle de votre déglu­ti­tion et de vos sécrétions.

L’air humi­di­fié aide à déga­ger les sécré­tions et à décon­ges­tion­ner le nez. Il faci­lite donc la res­pi­ra­tion. L’utilisation d’un humi­di­fi­ca­teur, à l’hôpital et à la mai­son, amé­lio­rera votre confort.

Vous pou­vez recou­rir à des gouttes nasales : elles risquent tou­te­fois d’augmenter la conges­tion. Uti­li­sez plu­tôt un vapo­ri­sa­teur de sérum phy­sio­lo­gique (eau saline en jet vaporisé).

Sai­gne­ments

En rai­son des inci­sions faites à la bouche, il se peut que votre salive soit légè­re­ment tein­tée de sang et que votre nez suinte. Si un sai­gne­ment se pro­duit après votre sor­tie de l’hôpital, loca­li­sez l’hémorragie et, si pos­sible, faites une com­pres­sion avec de la gaze ou un sachet de thé.

Le sai­gne­ment semble-t-il incontrôlable?

Appe­lez aus­si­tôt votre chi­rur­gien ou rendez-vous dans les meilleurs délais au ser­vice d’urgence le plus près de chez vous.

Évitez les efforts qui aug­mentent la pres­sion san­guine ainsi que les insuf­fla­tions nasales vio­lentes. Le fait, par exemple, de vous mou­cher fort ou fré­quem­ment peut pro­vo­quer le sai­gne­ment et le suin­te­ment du nez ou de la bouche.

Points de suture

Les chi­rur­giens uti­lisent sou­vent des points de suture pour refer­mer les plaies et les inci­sions à l’intérieur de la bouche. Ces points fondent habi­tuel­le­ment au cours des deux semaines sui­vant la chi­rur­gie. Cepen­dant, il vous fau­dra faire enle­ver les points qui ne se résorbent pas d’eux-mêmes. Vous rece­vrez les ins­truc­tions néces­saires avant de quit­ter l’hôpital.

Appa­reils

Si votre opé­ra­tion néces­site le sec­tion­ne­ment d’os, le chi­rur­gien met­tra en place des appa­reils, des broches ou des plaques et des vis qui assu­re­ront la conso­li­da­tion osseuse et la guérison.

Cer­tains éléments doivent être reti­rés après une période de fixa­tion, alors que d’autres res­te­ront enfouis de façon per­ma­nente dans l’os, sous les tis­sus. Le chi­rur­gien vous ren­sei­gnera sur la quin­caille­rie qui convient le mieux à votre cas et qu’il pro­jette d’utiliser.

Broches ou élastiques?

Selon le type d’intervention pra­ti­quée, trois situa­tions peuvent se présenter:

Vos mâchoires sont com­plè­te­ment immo­bi­li­sées par des broches ou des élas­tiques : évitez de for­cer la fixa­tion par des efforts de mas­ti­ca­tion, des bâille­ments, ou en ser­rant indu­ment les dents.

Vos mâchoires sont par­tiel­le­ment fixées par des élas­tiques : sui­vez les consignes du chi­rur­gien en por­tant vos élas­tiques de façon per­ma­nente ou inter­mit­tente, comme on vous l’aura ensei­gné. Ne for­cez pas vos élas­tiques inuti­le­ment. Retirez-les pour man­ger si cela vous est per­mis.

Vos mâchoires sont libres : repre­nez gra­duel­le­ment la mas­ti­ca­tion en aug­men­tant pro­gres­si­ve­ment les efforts, sans aller jusqu’à res­sen­tir de la dou­leur. Lais­sez la gué­ri­son évoluer en douceur.

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En cas de problème

Des élas­tiques ou des fils métal­liques se brisent?

Contac­tez votre chirurgien.

Des points ou des broches irritent votre bouche?

Pla­cez un petit mor­ceau de cire sur la pointe qui blesse votre gen­cive ou votre lèvre.

Au besoin, on vous remet­tra un peu de cette cire à votre sor­tie de l’hôpital. Vous pour­rez aussi vous en pro­cu­rer chez les ortho­don­tistes, les den­tistes et dans cer­taines pharmacies.

Tech­nique d’utilisation de la cire

Pre­nez envi­ron 1cm de cire, passez-la sous l’eau chaude pour la ramol­lir : mode­ler avec vos doigts et appli­quer sur le point irritant.

Nau­sées et vomissements

Évitez l’usage de bois­sons alcoo­li­sées, car elles peuvent pro­vo­quer des nau­sées et des vomis­se­ments lorsqu’elles sont asso­ciées à la dou­leur ou aux médicaments.

S’il vous arri­vait de vomir alors que vos maxil­laires sont immo­bi­li­sés, res­tez calme. Penchez-vous vers l’avant, ou si vous êtes cou­ché, tour­nez la tête de côté pour faci­li­ter l’écoulement : tout ce qui a été ingur­gité pourra res­sor­tir à tra­vers la fixa­tion inter­maxil­laire. Dans un cas extrême, cou­pez les fixa­tions et appe­lez votre chi­rur­gien ou le méde­cin de garde.

Pour cou­per les fixations

Un ciseau à broches est le meilleur ins­tru­ment, mais un coupe-ongles suf­fira en cas d’urgence : bien que rigides, les fils de fixa­tions sont faciles à cou­per. Les élas­tiques ne posent pas de pro­blèmes, car ils s’enlèvent facilement.

Pan­se­ments

Si on vous a fait un pré­lè­ve­ment d’os ou de peau, un pan­se­ment a pro­ba­ble­ment été mis en place.

Il semble défec­tueux? Consul­tez votre chi­rur­gien. Il vous dira s’il faut l’enlever, le refaire ou le modifier.

Dans tous les cas,

avec ou sans broches

avec ou sans appareils

avec ou sans fixations

et même sans dents,

**Une bonne hygiène buc­cale est indis­pen­sable.**


Rince-bouche

À par­tir de 24 heures après l’opération, rin­cez votre bouche après chaque repas ou col­la­tion. Uti­li­sez de l’eau tiède salée (15ml de sel par litre d’eau) ou du rince-bouche (dilué dans une égale par­tie d’eau).

La chlo­rhexi­dine s’avère l’agent le plus effi­cace et le moins irri­tant. Votre chi­rur­gien vous le pres­crira au besoin pour réduire les risques d’inflammation.

Si vos maxil­laires ne sont pas immo­bi­li­sés, com­plé­tez votre hygiène buc­cale en bros­sant la langue pour y enle­ver les dépôts accumulés.

Une bonne hygiène amé­liore votre confort et aug­mente vos chances de gué­ri­son. Elle dimi­nue les risques d’infection, de dou­leur et de saignement.

Bros­sage des dents

À par­tir de la sixième jour­née, net­toyez bien vos dents après chaque repas. Uti­li­sez une brosse douce pour enfant et de la pâte den­ti­frice. Pro­cé­dez avec déli­ca­tesse en fai­sant atten­tion aux plaies. Les élas­tiques sont plus fra­giles que les broches, mais il est plus facile de les rem­pla­cer que de trai­ter une com­pli­ca­tion majeure par manque d’hygiène. N’oubliez pas de rin­cer votre bouche.

Vous pou­vez uti­li­ser l’appareil à jet d’eau pulsé, mais jamais en direc­tion des plaies pen­dant les quinze pre­miers jours. En aucun cas, cet appa­reil ne doit rem­pla­cer le bros­sage : il n’aide qu’à délo­ger les par­ti­cules de nour­ri­ture coin­cées entre les broches.

Aller­gies

Si vous souf­frez d’allergie ou si vous avez déjà fait une réac­tion d’hypersensibilité à un médi­ca­ment, informez-en votre chi­rur­gien et le per­son­nel infirmier.

Analgésiques(contre dou­leur)

Pour éviter la dou­leur, pre­nez des anal­gé­siques au besoin. La poso­lo­gie (dose et fré­quence) varie selon les types d’analgésiques, mais n’en abu­sez pas. Ils peuvent, en effet, cau­ser som­no­lence, nau­sée et consti­pa­tion. En cas d’étourdissements et de som­no­lence, rédui­sez la dose de moitié.

Antibiotiques(contre l’infection)

Prenez-les selon les indi­ca­tions de votre méde­cin et pour toute la durée et la quan­tité pres­crites, même si l’infection semble guérie.

Autres médi­ca­ments

Sui­vez la prescription.

Impor­tant – Il peut être dan­ge­reux de conduire votre auto­mo­bile ou de consom­mer des bois­sons alcoo­li­sées après avoir pris des médi­ca­ments. Informez-vous.

Tech­niques d’ingestion

Si vos maxil­laires sont bro­chés, ou si vous le pré­fé­rez ainsi, rédui­sez vos médi­ca­ments en poudre. N’essayez pas de les dis­soudre : cela pren­drait trop de temps.

Cap­sule : ouvrez-la pour en extraire la poudre.

Com­primé : écrasez-le entre deux cuillères ou dans un mortier.

Mélan­gez la poudre ainsi obte­nue à de l’eau, du jus ou de la purée.

Consul­tez votre phar­ma­cien ou votre chi­rur­gien en cas de doute, de mau­vaise réac­tion, ou pour mieux vous renseigner.

Acti­vi­tés physiques

Si votre opé­ra­tion a néces­sité le sec­tion­ne­ment d’un ou plu­sieurs os, rappelez-vous qu’il vous fau­dra comp­ter envi­ron deux mois pour en arri­ver à une bonne cal­ci­fi­ca­tion et à la gué­ri­son complète.

Vous n’êtes pas tenu de res­ter à l’intérieur ni d’éviter les cou­rants d’air. Vous pou­vez vous livrer à des acti­vi­tés spor­tives légères et à des exer­cices modé­rés. D’ailleurs, vous êtes for­te­ment encou­ragé à bouger.

Il faut cepen­dant renon­cer aux sports de contact. Si vous fré­quen­tez l’école, vous pour­rez obte­nir un billet vous dis­pen­sant des acti­vi­tés d’éducations physiques.

Congé de convalescence

Selon le type d’intervention que vous avez subie, le temps de récu­pé­ra­tion et de repos variera de quelques jours à plu­sieurs semaines. Votre chi­rur­gien peut jus­ti­fier votre congé de conva­les­cence en com­plé­tant le for­mu­laire requis par votre employeur ou la direc­tion de l’établissement que vous fréquentez.

Pre­nez la peine de bien vous ren­sei­gner sur ce qui vous attend. Infor­mez votre famille, vos amis et votre employeur des étapes de votre conva­les­cence. Une bonne pla­ni­fi­ca­tion vous aidera à mieux récupérer.

Il s’agit de conva­les­cence, non de vacances… La durée de votre congé dépen­dra de l’intervention que vous avez subie et de votre capa­cité de récupération.

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Visite de contrôle postopératoire

Votre chi­rur­gien et son équipe trai­tante vous fixe­ront un rendez-vous pour la visite post­opé­ra­toire. Celle-ci est impor­tante, car elle per­met de bien suivre l’évolution de la gué­ri­son. Avant votre départ de l’hôpital, assurez-vous d’avoir réglé tous les détails concer­nant cette visite.

Si, pour une rai­son quel­conque, vous ne pou­vez vous pré­sen­ter à ce rendez-vous, pré­ve­nez le ser­vice de chi­rur­gie buc­cale et maxillo-faciale. On vous fixera un autre rendez-vous.

Une com­pli­ca­tion sur­git? Vous avez besoin d’information?

N’hésitez pas à com­mu­ni­quer avec votre chirurgien.

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Source

Ce guide a été pré­paré au Centre hos­pi­ta­lier affi­lié uni­ver­si­taire de Qué­bec, Hôpi­tal de l’Enfant-Jésus, par les ser­vices suivants :

Nutri­tion cli­nique
Chi­rur­gie buc­cale et maxillo-faciale
Soins infirmiers

Ont par­ti­cipé à son élaboration :

Suzanne T. Simard, dié­té­tiste
Louise Bro­chu, dié­té­tiste
Pierre-Eric Lan­dry, chi­rur­gien buc­cal et maxillo-facial
Régine Leblanc, infirmière

Les auteurs remer­cient Julie Morency, dié­té­tiste, qui a par­ti­cipé à la pre­mière ver­sion de l’édition ori­gi­nale et Odette Couillard, infir­mière, qui a contri­bué à la qua­trième édition.

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